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Des planchistes qui s’envolent au-dessus des rampes, des motocyclistes qui multiplient les pirouettes dans les airs et des athlètes qui dévalent les murs et les installations urbaines. Depuis plus d’une décennie, le Jackalope fait des sports d’action son terrain de jeu à Montréal.
Ce festival international de sports extrêmes, dont l’avenir montréalais était sérieusement menacé il y a un an, n’est finalement pas près de quitter la ville. Une nouvelle entente avec la Ville de Montréal assure sa présence dans la métropole québécoise jusqu’en 2028, au moins.
Je suis très content de pouvoir dire que l’événement n’est plus sous respirateur artificiel [...] On vient d’avoir une entente avec la Ville de Montréal pour trois ans, qui nous rend jusqu’à 2028, se réjouit son président et fondateur, Micah Desforges.
Le soulagement est considérable pour une organisation qui ne tenait pas le même discours l’année dernière, en vue de l'édition 2026 qui se déroule du 11 au 13 septembre au Vieux-Port de Montréal.
Desforges avait alors utilisé l’image du respirateur artificiel pour décrire la situation. L’événement montréalais était déficitaire et les organisateurs devaient débourser leur poche pour la maintenir en vie. Une fois le festival terminé, son retour en 2026 était loin d’être assuré.
La situation avait quelque chose de paradoxal pour Jackalope. Pendant que son avenir était incertain à Montréal, l’entreprise d’ici continuait de faire grandir son festival ailleurs, où elle connaissait un meilleur succès.
Après avoir pris racine dans la métropole, Jackalope s’est exporté à Virginia Beach, aux États-Unis, en 2023, puis l'année suivante à Mississauga, en Ontario. L’organisation poursuit maintenant son expansion jusqu’à Ventura, en Californie, ainsi qu'à Newcastle, en Australie.
Mais Montréal demeure son port d’attache. Jackalope est né ici, son siège social y est toujours installé, et c’est à partir du Québec que l’entreprise a développé ce rendez-vous qui rassemble des athlètes de haut niveau et des amateurs de skateboard, de BMX, d’escalade, de callisthénie et d'acrobaties à motocyclette.

Le Jackalope est le plus grand festival de sports extrêmes au Canada.
Photo : Crédit : Daniel Mathieu / Jackalope
À la compétition s’ajoutent musique, animations et activités ouvertes au public dans une formule qui emprunte autant au festival qu’à l’événement sportif traditionnel. L'organisation s’apprête à accueillir près de 30 000 personnes.
Et pour les suivantes, le programme pourrait s’enrichir de nouvelles compétitions. Pour l’instant, le Jackalope ne compte qu’une compétition de demi-lune, à laquelle s’ajoutent des démonstrations de moto, de BMX et de mini-rampe.
À titre comparatif, les événements de Virginia Beach et de Ventura, par exemple, proposent jusqu’à sept compétitions et démonstrations.
De pouvoir dire qu’on est une entreprise québécoise et canadienne, avec notre siège social ici, et de pouvoir y préserver notre événement pour célébrer la culture et continuer de ramener des athlètes internationaux à Montréal, c’est une fierté, souligne Desforges.
Le cri du cœur lancé l’an dernier a finalement été suivi d’une nouvelle entente avec la Ville de Montréal, par l’entremise de l’Association des sports d’action, un organisme à but non lucratif.
Il aura toutefois fallu patienter avant d’en arriver là. L’entente n’a été conclue qu’en juillet, après des discussions avec la nouvelle administration municipale de Soraya Martinez Ferrada. Un dénouement tardif qui a compliqué la préparation de l’édition 2026.
Un tremplin pour les jeunes planchistes locaux

Malorie-Lune Querry est une jeune planchiste québécoise de 16 ans, l'une des meilleures à travers la province.
Photo : Crédit : Daniel Mathieu / Jackalope
Le maintien de Jackalope à Montréal profite aussi aux planchistes d’ici, qui ont peu d’occasions de se mesurer à des athlètes de calibre international à domicile, et parfois même peu d’endroits où s'exercer.
Ce sera notamment le cas cette fin de semaine de Malorie-Lune Querry, ou Malo, son surnom. La jeune Québécoise, que Micah Desforges et d’autres considèrent comme la meilleure planchiste de la province en demi-lune, pourra rivaliser avec des athlètes venus notamment du Brésil, des États-Unis et d’Europe.
J’ai hâte à cet événement chaque année. C’est excitant de voir tous les athlètes qui viennent chez moi, en quelque sorte, et de pouvoir leur présenter la place, explique tout sourire Malorie-Lune Querry.
Le skate, c’est beaucoup d’apprentissage. Juste en étant avec ces gens-là, j’en apprends beaucoup. J’apprends aussi énormément sur beaucoup de cultures différentes, parce que c’est des skaters de partout dans le monde que je peux rencontrer ici, ajoute-t-elle.
Pour l’occasion, elle aura surtout accès à une installation plutôt rare au Québec. La demi-lune érigée pour Jackalope est, de loin, la plus imposante au pays.
Originaire de Trois-Rivières, Querry doit habituellement parcourir jusqu’à deux heures de route pour trouver une rampe comparable, en Beauce, où elle s’entraîne une fois par semaine. Un détour devenu nécessaire en raison du manque d’infrastructures adaptées à la pratique de haut niveau dans la province.
C’est loin, donc il faut vraiment que je sois motivée pour y aller! Et je n’ai pas l’occasion d’y aller toutes les semaines, comme je le voudrais par exemple, indique Malorie-Lune Querry.
Le Jackalope étant une compétition ouverte, les athlètes locaux peuvent s’y inscrire et se retrouver sur les mêmes installations que certains des meilleurs au monde. Pour Desforges, l’expérience permet aux jeunes de se comparer, de progresser et de se familiariser avec le niveau international.
Malorie-Lune Querry représente d’ailleurs bien la nouvelle vague féminine qui déferle sur la planche à roulettes. À travers le monde, des filles de 13, 14 ou 15 ans se hissent déjà parmi l’élite et remportent certaines des plus importantes compétitions, affirme Desforges.
Les talents ne manquent pas non plus au Canada, estime le président fondateur de Jackalope. Ce sont plutôt les compétitions de cette envergure qui se font rares.
L'événement montréalais représente ainsi l’une des seules occasions au pays pour les planchistes québécois et canadiens de se mesurer à un plateau international, sur des installations de ce calibre, sans avoir à s’exiler.


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