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L’entente entre Ottawa et l’Alberta sur la tarification du carbone industriel est moins ambitieuse que les objectifs climatiques que s’était fixés Ottawa. Cette nouvelle cible, moins élevée en matière de prix et plus éloignée dans le temps, interroge la capacité de la province et du pays à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.
Si les détails sur la manière d’arriver à un prix du crédit carbone à 130 $ la tonne en 2040 seront précisés dans les prochains jours, cette cible est moins exigeante que la réglementation fédérale en la matière.
Cette politique, qui repose sur le fait de taxer les industries les plus émettrices de carbone lorsqu’elles dépassent leur seuil limite d’émission légal, vise à limiter la pollution des entreprises gazières et pétrolières et à les encourager à se tourner vers des stratégies de production plus propres.
En ciblant ce prix effectif de 130 $ d'ici 2040, cela retarde la prise de mesures dans une des régions les plus polluantes du pays et dans les secteurs les plus polluants, comme celui des sables bitumineux.
Une mauvaise nouvelle pour les objectifs environnementaux
Ce protocole d’entente entre Ottawa et l’Alberta, dont le principal objectif est la construction d’un nouvel oléoduc, prévoit aussi que le gouvernement fédéral et l’Alberta s'engagent à atteindre la carboneutralité d’ici 2025.
Pour cela, la tarification du carbone industriel est un outil essentiel.
Selon une analyse récente de l'Institut climatique du Canada, atteindre un prix de 130 $ par tonne d’ici 2035 augmenterait en réalité les émissions nationales du Canada, par rapport aux politiques actuelles, de 22 millions de tonnes d’ici 2040 et de 40 millions de tonnes d’ici 2050. Un report supplémentaire de cinq ans, jusqu'en 2040, entraînerait une augmentation considérable des niveaux de pollution, indique Environmental Defence dans un communiqué.
Janetta McKenzie craint aussi que cette entente crée un précédent pour les autres provinces, qui pourrait renégocier leurs objectifs à la baisse avec Ottawa.
Si la pollution coûte plus cher en Colombie-Britannique qu’en Alberta, alors la Colombie-Britannique pourrait peut-être soulever ce problème. Et là, on risque vraiment de se précipiter vers le plus petit dénominateur commun , souligne-t-elle.
Un contexte géopolitique qui a changé
Naheed Nenshi, chef du Nouveau Parti démocratique de l'Alberta, a salué une étape importante dans le protocole d’entente signé avec le gouvernement fédéral.
C’est une très bonne chose pour l’Alberta, a-t-il déclaré. Mais nous sommes encore très loin d’avoir atteint notre but. Et ce but, c’est de créer des infrastructures qui génèrent des emplois de qualité pour les Albertains.
Soutenir l’industrie pétrolière albertaine, en plus de dynamiser l’économie provinciale, s’inscrit dans un contexte géopolitique nouveau avec des tensions fortes sur l’approvisionnement en énergie et des prix en hausse.
À l'échelle mondiale, les pays recherchent une énergie abordable et un approvisionnement sûr. Les pays ne semblent pas disposés à payer un pétrole dont le prix comprend une taxe carbone, observe Mike Holden, économiste en chef au Business Council of Alberta.
Néanmoins, pour Janetta McKenzie, ce contexte vient aussi remettre en question notre dépendance énergétique.
En réaction à ces chocs d'approvisionnement, un certain nombre de pays recherchent, à court terme, toutes les sources d'énergie possibles. D'autres gouvernements estiment que le meilleur moyen d'assurer leur sécurité énergétique consiste à réduire leur dépendance vis-à-vis du pétrole et du gaz, dont les prix sont volatils , soutient-elle.
L’annonce officielle sur la tarification du carbone industriel en Alberta et les étapes pour y parvenir aura lieu vendredi.


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