Les investissements durables sortent-ils la tête de l’eau? Ces placements vertueux ont bénéficié d’un engouement massif après la pandémie de covid. Les investisseurs découvraient alors qu’ils pouvaient allier gains financiers et gestes pour la planète ou la société. Ce que résumait le slogan de l’époque: «Doing well by doing good». Puis la guerre en Ukraine a largement freiné ce mouvement, provoquant un relèvement des taux d’intérêt pénalisant le financement de projets. Les performances des placements verts ont été sous pression, alors que le secteur de la défense explosait et que l’intelligence artificielle (IA) accaparait de plus en plus l’esprit des marchés. On peut ajouter à la liste des vents contraires l’effet Trump, notoirement opposé à tout ce qui est vert – à part les greens de golf –, le retrait de grands gérants d’actifs des diverses alliances visant la neutralité carbone d’ici à 2050 ou la fragmentation de la réglementation mondiale sur la finance durable.
Mais les besoins de financement demeurent, peut-être de manière encore plus visible après la sécheresse et les événements climatiques extrêmes de l’été. Si «le durable pour le durable» semble appartenir au passé, un nouveau narratif s’est dégagé dans l’industrie financière: le système économique doit être adapté à la nouvelle donne climatique et cela peut se faire en générant une rentabilité économique. Tour d’horizon alors que se tiendra cette semaine à Genève la conférence Building Bridges sur la finance durable.


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