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« En tant que ministre française, je n’ai pas vocation à intervenir ni à commenter des décisions politiques qui sont des décisions qui appartiennent [au gouvernement du Québec] », a tenu à signaler d’entrée de jeu Éléonore Caroit, ministre en charge de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger.
Le Devoir l’a rencontré mercredi à la Résidence de France à Montréal, avant que celle-ci se rende à Québec pour rencontrer plusieurs ministres du gouvernement Legault, dans le cadre d’une visite de deux jours dans la province.
Mme Caroit a reconnu que la décision du Québec d’en finir avec le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) avait suscité beaucoup de préoccupations — et une certaine incompréhension — au sein de la communauté française au Québec.
Dans la foulée de l’abolition du PEQ le 19 novembre dernier, qui a été remplacé par le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer les répercussions que pourrait avoir cette décision de Québec sur des milliers de travailleurs temporaires et d’étudiants étrangers en quête d’une résidence permanente. De nombreux ressortissants français sont concernés et plusieurs craignent de devoir quitter la province.
« Pour beaucoup, ce sont des personnes qui sont là de longue date et qui se sentent très intégrées », a-t-elle avancé. À noter que le PEQ s’adressait plutôt à des travailleurs étrangers temporaires ou à des étudiants étrangers diplômés au Québec.
La ministre française a dit travailler pour montrer l’importance de favoriser la mobilité entre la France et le Québec, qui d’ailleurs doit aller dans les deux sens, a-t-elle rappelé.
Différents scénarios de transition
Lors de son passage à Québec jeudi, Éléonore Caroit s’est entretenue une quarantaine de minutes avec le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge. Une rencontre à laquelle a aussi pris part Christopher Weissberg, le député représentant les Français présents en Amérique du Nord.
Plusieurs sujets étaient sur la table, comme le renforcement de la langue française au Québec, les questions de francisation, le rôle du Québec en matière de francophonie ou la coopération franco-québécoise en matière de laïcité. Les discussions ont également porté sur la question de la mobilité entre la France et le Québec, la politique migratoire québécoise et la situation de la communauté française au Québec.
Le ministre Roberge a été questionné sur la transition entre le PEQ et le PSTQ, et ce dernier a réitéré la position du gouvernement.
Interrogée par Le Devoir dans la foulée de sa rencontre avec la ministre Caroit, l’équipe de M. Roberge a fait savoir que le ministère travaillait actuellement sur plusieurs scénarios. Lorsqu’une décision sera rendue, les détails du scénario retenu seront communiqués, dont le nombre de personnes admissibles.
« Avec le PSTQ, le Québec peut maintenant sélectionner les profils qui correspondent à ses besoins économiques, comparativement au PEQ qui fonctionnait sur le principe du “premier arrivé, premier servi” », a tenu à rappeler le ministre. Le gouvernement a décidé de prioriser les domaines de l’éducation et de la petite enfance, de la santé, de la construction et du génie.
Le Devoir a également demandé ce que le ministre Roberge dirait aux citoyens français qui peinent à interpréter le changement de stratégie du Québec en matière d’immigration. « Nous comprenons que les changements peuvent occasionner des interrogations. Cependant, nous continuons d’inviter un nombre important de ressortissants français dans nos vagues d’invitations. C’est la nationalité qui reçoit le plus d’invitations, même plus que dans l’ancien programme PEQ », a précisé le cabinet de Jean-François Roberge.


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