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Par Thibault de Varenne
Le 3 novembre, les démocrates ont pris la Chambre et le Sénat. Ils ont gagné en Caroline du Sud, que Trump avait emportée de 18 points en 2024, et au Texas, qui n'avait pas élu un sénateur démocrate depuis 1988. Neuf électeurs sur dix disent avoir voté sur le coût de la vie. Près de deux sur trois en accusent la politique du président.
Mardi 3 novembre, peu avant minuit à Washington, Donald Trump est apparu sur Fox News. Il s'est dit, à plusieurs reprises, « un petit peu surpris ». La surprise était partagée. Dans la soirée, son parti avait perdu la majorité à la Chambre des représentants et au Sénat, et l'avait perdue dans des États où personne ne l'attendait.
Le matin même, le président avait préparé le terrain. « Pour une raison quelconque, le président sortant ne gagne pas les élections de mi-mandat », disait-il. C'est vrai. Ce n'est pas ce qui s'est passé.
Ce qui s'est passé le 3 novembre
Il faut d'abord dire ce que l'on votait, car le lecteur français connaît mal ces élections de mi-mandat, que les Américains appellent midterms. Elles tombent deux ans après la présidentielle. On y renouvelle la totalité de la Chambre des représentants, soit 435 sièges, et un tiers environ du Sénat, cette fois 35 sièges sur 100. Jusqu'au 3 novembre, les républicains tenaient les deux : 218 sièges à la Chambre contre 214, et 53 sénateurs contre 47 démocrates et apparentés.
À la Chambre, les démocrates ont repris la majorité. Hakeem Jeffries, élu de New York, devrait en devenir le président en janvier. Il sera le premier Noir à occuper la fonction, la troisième dans l'ordre de succession à la Maison-Blanche.
Au Sénat, le basculement est plus frappant, parce qu'il touche le cœur du pays trumpiste. En Caroline du Nord, l'ancien gouverneur démocrate Roy Cooper a pris le siège ouvert. En Ohio, Sherrod Brown a battu le sénateur sortant Jon Husted, pour qui Trump avait fait campagne, sur le siège laissé par le vice-président J. D. Vance. Au Texas, James Talarico a battu Ken Paxton, dans la campagne sénatoriale la plus chère de l'histoire américaine ; aucun démocrate n'y avait gagné un siège de sénateur depuis 1988. En Caroline du Sud, Annie Andrews, pédiatre, a battu Darline Graham, sœur du défunt Lindsey Graham, que Trump avait encouragée à se présenter. L'État avait voté pour lui avec 18 points d'avance en 2024. Le Kansas est tombé aussi. Les décomptes de la nuit restent partiels, mais le sens ne fait aucun doute.
Les raisons du vote sont connues, et elles sont simples. Selon les enquêtes de sortie des urnes réalisées auprès de plus de 79 000 électeurs, neuf sur dix ont été influencés par le coût de la vie, et près des deux tiers imputent la hausse des prix à la politique du président. Six électeurs sur dix jugent que l'entrée en guerre contre l'Iran, en février, était une mauvaise décision. Les jeunes de moins de trente ans, partagés en 2024, ont voté à sept contre trois pour les démocrates ; les électeurs hispaniques, dont quatre sur dix avaient choisi Trump, ne sont plus qu'un tiers à voter républicain, selon l'enquête AP VoteCast.
La promesse et la facture
J'ai décrit ici, le 2 novembre, la veille du scrutin, ce que le peuple américain avait reçu de la promesse de Trump. Je n'y reviens que pour mémoire. Le 20 janvier 2025, le président annonçait « l'âge d'or ». Vingt-et-un mois plus tard, le salaire horaire réel avait baissé de 0,7 % en un an. Les droits de douane coûtaient à chaque ménage environ 1 100 dollars par an, selon le Yale Budget Lab. La Cour suprême en avait jugé illégale une large part, et les douanes devaient en rembourser quelque 166 milliards de dollars… aux importateurs, non aux clients. L'industrie comptait moins d'emplois qu'au printemps 2025. Les électeurs ont lu les mêmes chiffres que nous, à la caisse du supermarché et à la pompe.
Comment Trump a laminé le peuple américain pour servir les plus riches
USA : salaire réel −0,7 % en un an, 12,65 M d'emplois industriels, chantiers d'usines −32 %. Les tarifs de Trump n'ont pas fait revenir l'usine.
Le Courrier des StratègesRédaction

L'autre grande promesse était celle de l'expulsion massive, que ses admirateurs européens appellent « remigration ». Là encore, la parole a dépassé l'acte.





























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