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Le projet d’épicerie communautaire à Saint-David-de-Falardeau est en péril. Le conseil d’administration de la Coopérative de solidarité se trouve confronté à plusieurs défis liés notamment à la hausse des coûts de construction et songe à la dissolution.
En assemblée générale mardi soir, les membres du CA de la coopérative ont convenu d’un temps d’arrêt afin d’étudier différentes avenues. Les administrateurs se rencontreront à nouveau lors d’une assemblée générale extraordinaire, le 13 avril.
Ils détermineront alors s’ils poursuivent leur implication, s’ils démissionnent en bloc et déclenchent une élection ou encore s’ils dissolvent la coopérative.
Jusqu’à maintenant, l’organisation a réussi à amasser 2,7 M$ pour le projet évalué à 3,6 M$. Toutefois, elle peine à assurer le reste du financement alors que les coûts continuent d’augmenter.
Ce qui nous manque semble impossible à atteindre en grande partie à cause du changement dans l'économie mondiale actuelle qui [fait] augmenter les coûts de projet et les coûts de viabilité des commerces de proximité [au] Québec, soutient la présidente du CA de la coopérative, Émilie Émond, au micro de C’est jamais pareil.
Si elle est fière du chemin parcouru, un sentiment de déception l’habite.
Dans le cas où la coopérative est dissoute, les montants accordés par le gouvernement et la Caisse Desjardins seront redonnés, les dons prévus seront annulés et les membres seront remboursés, précise Mme Émond.
La coopérative compte environ 800 membres.
Une construction neuve
L’an dernier, la coopérative a invité ses membres à choisir entre deux projets : aménager l’épicerie dans l’ancien dépanneur ou construire un nouveau bâtiment à l’entrée du village.
L’emplacement de l’ancien dépanneur, jugé trop éloigné, ferait perdre à l’épicerie 75 % de sa clientèle selon une étude de marché réalisée par la coopérative, rapporte Émilie Émond.
Il faut absolument construire cette nouvelle bâtisse pour l'épicerie dans un lieu qui est propice à son épanouissement, argue-t-elle. Construire une nouvelle bâtisse en 2026, c'est déjà un projet de luxe, mais en 2027, ça va devenir impossible parce qu'il y a des changements au niveau des réglementations et des normes de la construction commerciale qui risquent [de faire] augmenter de 15 à 20 % le coût du projet.
La situation actuelle devient de plus en plus complexe. [...] À un moment donné, il faut décider où est la limite et où ça devient de l'acharnement.
La Municipalité n’abandonne pas
Selon le maire de Saint-David-de-Falardeau, Germain Grenon, si l’option de l’ancien dépanneur avait été retenue, ça ferait un an et demi qu'on serait en train d'opérer une épicerie.

Germain Grenon est le maire de Saint-David-de-Falardeau. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Claude Bouchard
Au plan du soutien financier, la Municipalité est allée à la limite de ce qui était permis et même au-delà, ajoute-t-il. Cette dernière a conclu un règlement d’emprunt de 3 M$ avec la coopérative en 2024.
Or, il réitère qu’il s’agit d’un projet essentiel pour le village et ne baisse pas les bras. À la Municipalité, on n'est pas rendus à jeter le bébé avec l'eau du bain.
Le maire souhaite sonder les citoyens afin de s'assurer qu'il y a toujours un intérêt réel pour une épicerie dans la communauté.
Si la coopérative devait se dissoudre, Germain Grenon dit rester ouvert à des solutions de rechange, comme l'implication d'un promoteur privé indépendant.


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