Le fiasco policier est spectaculaire. Encore un, après la finale de la coupe de l’UEFA en 2022 et ses gazages des supporters, les blessures irréversibles par l’usage des armes sublétales à Sainte-Soline ou encore pendant les grandes manifestations contre la réforme des retraites (2023). La gestion des foules par la police française en 2026 provoque des réactions atterrées à travers toute l’Europe. La cause en est une confusion entre l’ordre politique, qui procède par négociation, compromis et dialogue d’une part, et l’ordre policier, qui agit par la contrainte physique, d’autre part, une confusion qui est manifeste pour les gouvernements successifs des deux mandats d’Emmanuel Marcon. Le meilleur indicateur en est que la France compte en effet le plus grand nombre de mutilés et de tués par la police en «maintien de l’ordre» de toute l’Europe.
Comment le maintien de l’ordre s’est-il effondré en France le 17 octobre 2026? L’archaïsme qui conduit l’usage de la police, la manière dont elle est armée et dirigée, s’est une nouvelle fois illustré. On peut y lire un mélange d’amateurisme et d’une approche du gouvernement entièrement tournée vers l’alimentation du jeu partisan à l’approche des élections nationales de 2027. La préoccupation gouvernementale était toute à la dramatisation, à laquelle il fallait répondre par la force. Ainsi il fallait faire passer les gauches pour les partis du désordre, et faire croire que le mouvement lycéen était le jouet de l’extrême gauche – alors que nul n’a la main sur lui – et que les adolescents n’étaient pas une jeunesse en colère mais des émeutiers organisant des «violences urbaines» puisque tels étaient les mots du premier ministre avant le 17 octobre. A cette menace supposée, contre toute évidence, le ministre de l’Intérieur, dès le début du mouvement, a répondu par une répression policière inédite, même en France.


9 hour_ago
47























.jpg)






French (CA)