Le château de La Tour-de-Peilz vient à peine d’ouvrir ses portes en cette soirée de vernissage qu’un attroupement se forme dans la dernière salle du Musée suisse du jeu. Elle est consacrée à «Magic», le pionnier des jeux de cartes à collectionner. Des fans discutent de ce qui fait la rareté de ces bouts de papier, notamment les séries limitées et la brillance des cartes «foil» (ou «shiny»). Cet habillage brillant, dernier critère purement esthétique, fait grimper les prix lors de ventes aux enchères où les cartes peuvent atteindre des milliers de francs, avec un record à 3 millions de dollars en 2024. Au même moment, de l’autre côté du bâtiment, une vitrine attire l’œil de visiteurs avertis. A l’intérieur, en provenance d’Italie, deux cartes de tarot du XVe siècle enluminées à la feuille d’or. Six siècles séparent ces objets de collection. Et pourtant, le public semble empreint de la même fascination.
Tisser des liens entre les jeux de cartes d’hier et d’aujourd’hui, c’est tout le propos de «Cartes à jouer», la nouvelle exposition du Musée suisse du jeu qui explore l’histoire de ce support papier devenu un incontournable de nos tables. Avec plus de 2000 objets dont des pièces rares et captivantes venues de toute l’Europe, l’exposition raconte les tournants qui ont révolutionné nos façons de jouer. «La carte a une efficacité folle. Avec un jeu de 52 cartes, on peut jouer à des milliers de jeux», s’enthousiasme Gwenaël Beuchet, attaché de conservation du patrimoine au Musée français de la carte à jouer, qui a prêté plusieurs objets.


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