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Même si la camerise est plutôt associée au Saguenay–Lac-Saint-Jean, cette petite baie acidulée, aussi appelée chèvrefeuille bleu, se cultive également sur la Côte-Nord, notamment à la Ferme Manicouagan et aux Jardins de Gallix.
Julie Bérubé, la copropriétaire de la Ferme Manicouagan, sent de plus en plus un engouement pour ce fruit, malgré qu’il demeure un peu méconnu de la population nord-côtière, rapporte-t-elle à l’émission Bonjour la Côte.
Il est d’ailleurs possible d’aller cueillir soi-même les fruits dans leurs champs à Pointe-Lebel, proche de Baie-Comeau. De plus, la ferme a inauguré son Centre d’interprétation de la camerise en 2023, afin de la faire découvrir à la région.
Du côté des Jardins de Gallix, situés à une vingtaine de minutes de Sept-Îles, la baie nordique est cultivée depuis 14 ans. Cette année, la propriétaire, Josée Picard, y propose l’option autocueillette pour la toute première fois.
Pourquoi avoir attendu si longtemps? J'avais tellement peu de fruits au début, je ne voulais pas en perdre, explique Josée Picard.
Une fois mûr, le fruit se détache très facilement. Si les gens manipulent trop les branches, ça tombe au sol et on risque de les perdre, précise-t-elle.
Aujourd’hui, la production est suffisamment stable pour essuyer ces pertes. L’équipe des Jardins de Gallix repasse d’ailleurs derrière les clients pour récupérer les fruits restants.
Pour ceux qui ne souhaitent pas cueillir eux-mêmes les fruits, il est possible d’acheter un casseau déjà rempli. Alors, nul besoin de braver les mouches particulièrement actives lors des journées sombres et sans vent, remarque la propriétaire.
Pas besoin d’avoir le pouce vert avec la camerise
Selon Julie Bérubé, c'est important [d'intégrer la camerise] à notre quotidien. Et la bonne nouvelle, c’est qu’il est totalement possible d’en faire pousser chez soi, dans son propre jardin.
Sa culture nécessite d’ailleurs peu d’entretien. C’est un fruit nordique qui résiste très bien à l’hiver, selon les deux cultivatrices. On en a déjà trouvé sur la Basse-Côte-Nord, à l’état naturel, remarque Julie Bérubé.
Pour une production commerciale, il est préférable de tailler régulièrement les branches pour que le soleil atteigne tout l'arbuste. Mais pour quelqu’un qui cultive chez soi, même s’il ne coupe pas, il va avoir des fruits quand même!, précise Josée Picard d'un ton rassurant.

Contrairement aux plants de fraises qui doivent être renouvelés tous les trois ans aux Jardins de Gallix, les arbustes de camerise, eux, sont plantés « à vie ».
Photo : Radio-Canada / Lilou Ann Santos
Il y a tout de même une règle d’or : il faut au minimum un plant mâle pour polliniser les femelles.
Comment déguster la camerise?
Josée Picard aime mettre des camerises dans ses muffins et ses smoothies, autant pour la saveur frappante… que la belle teinte rosée. Je congèle parce que ça ne reste pas frais très longtemps, conseille-t-elle. Aussi, mélangé avec la fraise, l’équilibre sucré acidulé est délicieux.

En plus de la camerise, l'autocueillette de fraises bat son plein aux Jardins de Gallix. La récolte de fraises est dans les temps par rapport aux années précédentes, contrairement à la baie nordique, qui a subi le contrecoup du froid printanier.
Photo : Radio-Canada / Lilou Ann Santos
À la Ferme Manicouagan, la camerise inspire des créations sucrées – tartes, mousses, confitures –, mais aussi salées : sauce barbecue, vinaigrette et même assaisonnement en déshydratant la pulpe. C’est un fruit très simple à transformer, car la peau et les pépins sont presque inexistants, explique Julie Bérubé.


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