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Une nouvelle chaire institutionnelle de recherche consacrée aux droits linguistiques des premiers peuples vient de voir le jour à L’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT)
Elle travaillera sur les conditions juridiques, institutionnelles et politiques qui permettent leur reconnaissance, leur protection et leur mise en œuvre effective.
C’est le professeur Sébastien Brodeur-Girard à l’École d’études autochtones qui dirigera la nouvelle chaire.
Il soutient que c’est l’aboutissement d’un travail de longue haleine, qui implique des échanges avec plusieurs partenaires et des communautés autochtones.
L’idée c’est vraiment de travailler sur le concept : une langue, c’est beaucoup plus qu’un outil pour communiquer. La langue, ça permet de véhiculer des savoirs, une mémoire, des façons de nommer les choses, de comprendre le territoire, mais aussi des valeurs, parfois des concepts qui n’ont pas nécessairement d’équivalent exact dans une autre langue, dit-il. Pour les peuples autochtones, la langue, c’est étroitement lié à la continuité culturelle, puis à l’autodétermination. Et quand une langue cesse d’être utilisée, c’est pas juste du vocabulaire qui disparaît, c’est aussi certaines façons de transmettre les savoirs de penser, la manière dont on est en rapport avec le monde qui devient plus difficile et donc, on veut vraiment réfléchir à cette question-là avec cette chaire-là sur les droits.
Selon Sébastien Brodeur-Girard, la situation des langues autochtones est fragile, d’autant plus que les langues autochtones n’ont aucun statut officiel.
Au Canada, on compte en environ 70 langues autochtones, puis la plupart ont une transmission qui est très fragilisée. Et au Québec, on est vraiment 11 nations, 11 premiers peuples qui ont chacun leur langue. Mais dans certains cas, elle va bien, puis dans d’autres, mais c’est beaucoup plus difficile. Mais dans tous les cas, il y a quand même un contraste qui est assez frappant quand on regarde la situation des droits. La Charte de la langue française a reconnu dans son prologue aux Premières Nations et aux Inuits le droit de maintenir puis de développer leur langue. Mais il n’y a aucune langue autochtone qui a un statut officiel au Québec, insiste le chercheur.
Il espère que cette nouvelle chaire de recherche va aider à faire avancer les langues autochtones au pays.


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