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Les médecins omnipraticiens du Bas-Saint-Laurent veulent trouver des solutions pour contrer la pénurie de médecins de famille qui frappe la région.
La question était centrale à l’assemblée générale annuelle de l’Association des médecins omnipraticiens du Bas-Saint-Laurent (AMOBSL), qui se déroulait mercredi à Matane.
Pour la Dre Véronique Clapperton, médecin de famille et présidente de l’AMOBSL, il est important d’améliorer l’accès aux soins dans un contexte où la population est de plus en plus vieillissante.
Pour l’année 2025-2026, le Bas-Saint-Laurent devait accueillir treize nouveaux résidents en médecine familiale, en vertu du Plan territorial des effectifs médicaux (PTEM) du gouvernement du Québec. Un seul médecin a répondu à l’appel, selon l’AMOBSL.
Places disponibles par sous-territoire au Bas-Saint-Laurent–PTEM 2026
| RLS de Kamouraska | 1 |
| RLS de Rivière-du-Loup | 0 |
| RLS de Témiscouata | 1 |
| RLS des Basques | 1 |
| RLS de Rimouski | 1 |
| RLS de La Mitis | 1 |
| RLS de Matane | 5 |
| RLS de la Matapédia | 2 |
| Total au Bas-Saint-Laurent | 12 |
Pour la Dre Clapperton, les mesures contraignantes, notamment avec la loi 2, imposées par Québec aux médecins, ont fait fuir les candidats et ont eu un impact sur l’attrait de la profession chez les étudiants en médecine.
Au Québec, 129 places pour devenir médecin de famille n’ont pas été prises et ça, c’est très éloquent, parce que, pour le reste du Canada, toutes les autres provinces, y compris l’Ontario, il ne leur est resté que dix postes vacants pour la résidence en médecine familiale, soutient la présidente de l’AMOBSL.
Les plans territoriaux des effectifs médicaux (PTEM), anciennement appelés plans régionaux d’effectifs médicaux (PREM), ont pour objectif de répartir géographiquement et équitablement les effectifs médicaux en médecine de famille dans toutes les régions du Québec.
Pour chaque région administrative, une cible annuelle de recrutement, c’est-à-dire un nombre de places, est autorisée par le ministre de la Santé.
Source : Gouvernement du Québec
La Dre Clapperton souligne également que l’an dernier, on ne dénombrait que huit résidents au pavillon d’enseignement de la médecine à l’Université du Québec à Rimouski, alors que le département aurait pu en accueillir le double.
Valorisation de la profession
Devant cette situation, la Dre Véronique Clapperton croit qu’il est essentiel de valoriser la médecine familiale. Le rythme qu’on a actuellement n’est pas soutenable. […] Bien qu’on essaie de déléguer davantage, on aimerait encore des diminutions de la paperasse, on arrive comme à un point de saturation, ajoute-t-elle.
La médecine de famille, c’est une pratique extraordinaire. On a un impact sur la vie des gens et on est polyvalent, encore plus en région parce qu’on est à la fois à l’hôpital, au bureau et à l’urgence. On est partout, et ça, ça peut être très stimulant.

Dre Véronique Clapperton est la présidente de l'Association des médecins omnipraticiens du Bas-Saint-Laurent (AMOBSL).
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Ce point de vue résonne aussi auprès de médecins de famille croisés lors de l’AGA de l’AMOBSL. Et certains d’entre eux ont des solutions.
Je pense qu’il faut juste avoir des politiques un peu plus ouvertes ou moins cadrées. Quand j’avais appliqué, c’était un peu un jeu de dés, donc c’est peut-être de redonner un peu de liberté aux gens, soutient le Dr Tommy Bélanger-Lizotte, basé à Amqui.
La formation en région, c’est probablement le plus important. Les facultés travaillent en ce sens depuis 20 ou 25 ans et il y a de plus en plus de médecins qui sont formés en région, renchérit le Dr Richard Dery de Rimouski.
Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Marc-André Amyot, abonde dans le même sens concernant la formation en région.
Des campus délocalisés ou des GMF-U, comme il y a à Rimouski, pour former des résidents en médecine familiale, c’est un facteur d’attractivité. […] Le fait de former des résidents en région, ça fait en sorte qu’ils demeurent en région, mentionne le Dr Amyot.

Le Dr Marc-André Amyot était présent à l’assemblée générale annuelle de l’AMOBSL à Matane mercredi.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Selon l’Association des médecins omnipraticiens du Bas-Saint-Laurent, il manquerait 54 médecins de famille au Bas-Saint-Laurent sur une équipe qui en compte près de 260.
Santé Québec Bas-Saint-Laurent indique pour sa part qu’il en nécessiterait plutôt 37 de plus.
Avec les informations de Jean-François Deschênes


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