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À Edmonton, l’Université de l’Alberta envisage d’abandonner l’équité, la diversité et l’inclusion (EDI) dans sa politique d’embauche. Elle explique que, en plus de ne pas avoir toujours atteint ses objectifs, cette politique est devenue une source de division.
Dans la politique actuelle, lorsque deux candidats présentent les mêmes qualifications pour un poste au sein de l'établissement, les comités de recrutement sont invités à privilégier les postulants issus de groupes historiquement sous-représentés.
La nouvelle politique propose de se défaire de cette pratique. Elle sera soumise au conseil d'administration pour approbation au mois de mars.
L’Université indique qu'elle a fait l’objet de larges consultations avec plus de 1000 membres de la communauté.
Elle justifie ainsi sa volonté de changer de cap : Bien que la politique actuelle contienne des formulations ambitieuses sur le recrutement équitable et la suppression des obstacles, l’Université a constaté que, dans la pratique, les candidats qualifiés peuvent encore se heurter à des obstacles.
Dans une lettre publiée l’année dernière dans un journal local, Bill Flanagan, le président de l’Université de l’Alberta, a écrit que l’établissement allait abandonner le terme EDI pour le remplacer par un autre qu’il considère comme moins polarisant : Communauté d’accès et d’appartenance.

L'Université explique que la politique d'inclusion n'a pas toujours donné les résultats escomptés.
Photo : Radio-Canada / David Bajer
Levée de boucliers
Toutefois, des membres de la communauté universitaire craignent que ce changement de dénomination ne cache une volonté de l’Université de revenir sur les engagements qu’elle avait pris en matière d’équité, d’inclusion et de diversité.
La question a été débattue lors d'un conseil général des facultés. À cette occasion, Lise Gotell, professeure d'études féminines et de genre, a présenté une motion s'opposant à la nouvelle politique proposée.
Toutefois, elle fait savoir que, bien que sa motion ait été adoptée et que les questions du recrutement aient toujours été laissées à la discrétion du conseil général des facultés, le conseil d'administration a le dernier mot.
Kristine Smitka, vice-présidente de l’Association du personnel de l'Université de l'Alberta, affirme que les membres du syndicat s'opposent à la suppression de l'EDI de la politique d'embauche, qu’ils considèrent par ailleurs comme une réaction plus large contre les initiatives en matière d'EDI.
Ajibola Adigun, étudiant en 3e année de doctorat à la faculté d'Éducation, explique avoir choisi l'Université de l'Alberta en partie en raison de son engagement en faveur de l'équité et de la lutte contre le racisme anti-Noirs. Il s'inquiète du message que la nouvelle politique pourrait envoyer si le conseil d'administration l'approuvait.
Il n'y a jamais eu de moment où le mérite a été sacrifié sur l'autel de l'équité. Donc, suggérer qu'il faille supprimer l'équité revient à adhérer aux stéréotypes.

Ajibola Adigun espère que l'Université de l'Alberta reviendra sur sa décision de supprimer l'inclusion de sa politique d'embauche.
Photo : Fournie par Ajibola Adigun
Le gouvernement aurait-il tiré les ficelles?
Un porte-parole du gouvernement provincial précise que les décisions relatives au recrutement relèvent des établissements et de leurs conseils d'administration.
Cette déclaration ne suffit pas cependant à dissiper les soupçons quant à une possible ingérence de la province dans la décision de l’Université de l’Alberta de supprimer l’EDI dans sa politique d’embauche.
Je pense, sincèrement, que le gouvernement a exercé des pressions sur les établissements d'enseignement supérieur pour qu'ils abandonnent leurs politiques en matière d'EDI.
Elle ajoute qu’elle ne comprend pas vraiment pourquoi devoir abandonner un cadre mis en place il y a six ans.
Des courriels obtenus par CBC grâce à la Loi d'accès à l'information montrent que la lettre de Bill Flanagan a été envoyée au ministère de l'Enseignement supérieur avant d'être publiée.
Le Ministère a approuvé la nouvelle politique et lui a adressé ses félicitations : C'est un travail fantastique. Vraiment bravo.

Le président de l’Université de l’Alberta, Bill Flanagan, a été félicité par le ministère de tutelle pour avoir envisagé de changer de politique en matière d'inclusion à l'embauche. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jay Rosove/CBC
Kristine Smitka pense pour sa part que l'Université pourrait avoir été influencée par le rapport Mintz, réalisé par un groupe d'experts nommé par la province pour formuler des recommandations pour les établissements d'enseignement supérieur de l'Alberta.
Ces experts ont recommandé que, pour continuer à recevoir des fonds publics, les établissements d'enseignement supérieur s'engagent à adopter une culture plus neutre.
Ils ont expliqué que leur recommandation découlait de la préoccupation que certaines perspectives sont étouffées sur les campus universitaires et que les personnes sont embauchées pour des raisons autres que le mérite.
Avec les informations d’Emily Williams


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