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La détention de personnes en situation d’itinérance a coûté plus de 1,6 million de dollars aux services publics sur la Côte-Nord en 2025, selon une étude réalisée par AppEco pour l’Union des municipalités du Québec (UMQ). L’organisation estime que le manque de ressources dans les régions éloignées complique davantage la prise en charge des personnes vulnérables.
Selon la mise à jour de l’étude publiée en septembre 2026, on estime que 155 personnes étaient en situation d’itinérance sur la Côte-Nord en 2025. Parmi elles, 13 auraient été incarcérées au cours de l’année pour un total de 4815 journées de détention.
En utilisant un coût moyen de 335 $ par journée de détention, l’étude chiffre la facture à 1 612 989 $ pour la région.
À l’échelle québécoise, les dépenses liées à la sécurité publique, notamment la police, les comparutions et la détention, représentent en moyenne 15 461 $ par personne en situation d’itinérance. Ces calculs ne comprennent toutefois pas les dépenses directement assumées par les municipalités.
Des ressources moins accessibles en région
L’itinérance n’est plus seulement un phénomène des grands centres urbains. Selon l’UMQ, elle touche maintenant toutes les régions du Québec et des profils de plus en plus diversifiés, notamment des personnes âgées, des femmes et des personnes autochtones.
Sur la Côte-Nord, la hausse du nombre de personnes en situation d’itinérance entre 2022 et 2025 dépasse d’ailleurs 50 %, selon les données du dénombrement publiées en avril.
« Dans les régions éloignées, les défis sont souvent amplifiés par la rareté des ressources », affirme l’organisation.
Le manque de places en hébergement supervisé, le financement des organismes communautaires et l’accès à certains services spécialisés, notamment en santé mentale, compliquent la prise en charge des personnes en situation d’itinérance.
Pour améliorer la cohabitation dans les espaces publics, l’UMQ estime que les municipalités ont notamment besoin de financement durable pour les organismes communautaires et d’un meilleur accès à ces services.
Des équipes mixtes à développer
L’UMQ souhaite également voir davantage d’équipes réunissant policiers et travailleurs sociaux sur le terrain.
L’organisation soutient cette approche, mais souligne que plusieurs de ces initiatives sont encore des projets pilotes. Elle réclame donc un financement stable et prévisible pour permettre leur déploiement dans l’ensemble du Québec.
Pour l’UMQ, ces équipes permettent notamment d’intervenir auprès de personnes qui présentent des enjeux complexes plutôt que de miser uniquement sur les interventions policières.
Le logement permanent reste difficile d’accès
L’accès à un logement permanent constitue une autre difficulté. Avant d’y arriver, certaines personnes ont besoin d’un hébergement de transition et d’un accompagnement psychosocial.
L’UMQ souhaite notamment adapter certains outils de prévention des évictions, dont le Programme de supplément au loyer (PSL), et augmenter le nombre de logements de transition et de places en hébergement supervisé.
« Les municipalités ne peuvent pas assumer seules des responsabilités qui relèvent principalement du gouvernement du Québec », affirme l’organisation. é.
Selon l’étude d’AppEco, les coûts globaux associés à l’itinérance au Québec sont passés de 734 millions de dollars en 2023-2024 à 1,1 milliard en 2025-2026. Ils pourraient atteindre 1,2 milliard en 2026-2027.
Pendant ce temps, les investissements gouvernementaux ont atteint 488 millions de dollars en 2025-2026, mais pourraient redescendre à 299 millions l’an prochain si aucune nouvelle annonce n’est faite.
L’UMQ demande donc au prochain gouvernement de faire de la prévention et de la réduction de l’itinérance une priorité, avec un plan d’action national et des objectifs mesurables. Cette demande fait partie des priorités électorales de l’organisation pour 2026.
L’objectif est notamment d’assurer un financement plus prévisible aux organismes communautaires et de mieux arrimer les interventions en logement, en santé et en services sociaux.
« Au-delà des coûts, nous sommes face à une question importante de dignité humaine et de choix de société », soutient l’UMQ.
Léo Langlois
Originaire de Sept-Îles, Léo Langlois est diplômé en journalisme de l’École supérieure en arts et technologies des médias. Passionné par l’actualité sous toutes ses formes,... Lire la suite


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