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Déjà membre de l’espace Schengen et du marché européen, l’Islande veut bien commercer avec Bruxelles, mais refuse de lui confier ses poissons et sa souveraineté.
Le scénario a été cruel pour les partisans du oui. Au début du dépouillement, Reykjavík donnait l’impression que la reprise des négociations allait passer sans trop de difficultés. La capitale, davantage tournée vers les services, a largement voté pour. Puis les résultats des campagnes, des zones agricoles et des villes portuaires sont arrivés. Dans plusieurs secteurs ruraux et côtiers, le non a dépassé 60 %. Les électeurs ont fini par refermer la porte que le gouvernement voulait seulement entrouvrir.
Les détails du scrutin, publiés par le média public RÚV et repris par Euronews, dessinent une opposition nette entre la capitale et le reste du pays. À Reykjavík, l’argument européen a trouvé son public. Dans les ports et les fermes, il a surtout réveillé une méfiance ancienne : celle de voir les ressources islandaises, et particulièrement la pêche, passer sous l’influence de Bruxelles.
C’est manifestement grâce au non massif des jeunes (+ de 60% !) que l’Islande a échappé à son pillage et à sa mise en esclavage par l’UE !
C’est beau une jeunesse qui se lève pour défendre son pays !
🇮🇸 🇫🇷 pic.twitter.com/rAj6gvklyW
— Florian Philippot (@f_philippot) August 30, 2026
Le poisson, nerf de la souveraineté islandaise
Pour un pays de moins de 400 000 habitants, la pêche n’est pas un folklore pour cartes postales. C’est une activité stratégique, une source majeure d’exportations et un symbole de contrôle national. Les pêcheurs redoutent les quotas, les règles communes et la perspective de devoir négocier leurs eaux comme une ligne parmi d’autres dans les dossiers européens.
Les agriculteurs, eux, voient arriver la concurrence des produits continentaux avec un enthousiasme mesuré, c’est-à-dire aucun. L’argument du gouvernement social-démocrate était simple : une relation plus étroite avec l’Union apporterait davantage de sécurité économique et géopolitique. Dans les campagnes, la réponse a été tout aussi simple : l’Islande peut vendre à l’Europe sans lui confier le garde-manger, les filets et le gouvernail.
Les Islandais connaissent déjà bien l’Union européenne. Leur pays appartient à l’Espace économique européen et à l’espace Schengen. Les échanges commerciaux, les déplacements et une large part des règles du marché commun sont donc déjà là. La différence est politique : l’Islande bénéficie de l’accès au marché européen sans devenir membre de l’Union, sans commissaire européen à écouter et sans transfert complet de compétences sur ses secteurs les plus sensibles.
Pas de rupture avec l’Europe, mais un stop clair à l’adhésion
Ce vote ne coupe pas les ponts avec le continent. Il bloque la reprise de négociations qui auraient été longues, complexes et forcément suivies d’un nouveau référendum en cas d’accord. La page officielle consacrée au référendum islandais de 2026 rappelait d’ailleurs que les électeurs ne validaient pas une adhésion immédiate.
Le résultat risque néanmoins de congeler le sujet pour plusieurs années. Bruxelles espérait pouvoir présenter l’Islande comme une extension naturelle de son espace politique dans l’Atlantique Nord et l’Arctique. Les électeurs viennent de répondre qu’ils préfèrent rester voisins, partenaires et commerçants, mais pas pensionnaires du grand internat européen.
La leçon est assez limpide : lorsqu’il faut choisir entre des promesses de stabilité venues de Bruxelles et la maîtrise de leurs ressources, les Islandais ont choisi leurs poissons. Et, cette fois, le chalut européen est remonté vide.


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