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La présence d’une espèce végétale originaire du Sud dans l’Arctique pourrait être un indicateur précoce des conséquences du réchauffement de la région, selon un amateur de botanique.
Klaus Koehler, un passionné de plantes d’Iqaluit, se promenait dans le parc territorial Sylvia Grinnell en juillet lorsqu’il a remarqué une petite plante brunâtre, recouverte de petites perles noires, dans l’un des étangs.
Elle passe tout à fait inaperçue pour un œil inexpérimenté, affirme-t-il.
Il a plongé sa main dans l’eau pour confirmer qu’il s’agissait bien de l’utriculaire : une plante aquatique carnivore munie de petites ampoules servant à capturer des proies minuscules.

Selon Klaus Koehler, la présence de l’utriculaire pourrait être une preuve du réchauffement de l’Arctique.
Photo : CBC / Cameron Lane
L’espèce se retrouve habituellement dans le sud du pays et atteint rarement la toundra. La dernière observation de cette plante dans la région remonte à 2012, lorsqu’un groupe de scientifiques l’a découverte près de Kimmirut, à environ 120 kilomètres au sud-ouest d’Iqaluit.
Ils ont ensuite publié leur découverte (en anglais) (nouvelle fenêtre) dans la revue scientifique PhytoKeys. L’utriculaire figurait parmi les 30 nouvelles espèces végétales découvertes par les scientifiques dans l'archipel Arctique à l’époque.
Les conséquences du réchauffement
Bien que l’utriculaire ne soit pas considérée comme une espèce envahissante, sa propagation vers le Nord laisse croire que d’autres plantes potentiellement plus menaçantes pourraient également être présentes, selon Klaus Koehler.
Le climat rude de l’Arctique cède sa place à un climat plus doux alors que la région se réchauffe, ajoute-t-il.
Dans le futur, de plus en plus d'espèces envahissantes et d'espèces indigènes s’étendront dans l’Arctique.
Paul Sokoloff, chercheur au Musée canadien de la nature et l’un des scientifiques ayant découvert l’utriculaire au Nunavut en 2012, partage cette inquiétude.
Selon lui, les oiseaux, les navires de charge et même les semelles des touristes de plus en plus nombreux peuvent contribuer au déplacement de ces nouvelles espèces vers le Nord.
Nous craignons que ces espèces ne s’introduisent dans la région et ne supplantent les plantes indigènes.
C’est le cas dans une grande partie du sud du pays où le phragmite, aussi connu sous le nom de roseau, fait des ravages depuis des années.
Même s’il ne s’attend pas à un tel fléau dans l’Arctique, Paul Sokoloff admet que la communauté scientifique est encore dans l’incertitude quant aux espèces qui pourraient y migrer en raison du réchauffement climatique.
Selon une étude (en anglais) (nouvelle fenêtre) menée par des chercheurs de l’Université norvégienne de sciences et de technologie en 2025, plus de 2500 espèces pourraient potentiellement envahir l’Arctique au détriment des espèces qui y ont déjà leur place.
Klaus Koehler, de son côté, prévoit envoyer un échantillon de la plante qu’il a découverte dans le parc Sylvia-Grinnell au Musée de la nature. Les scientifiques pourront ainsi mieux comprendre son expansion vers le Nord.
D'après un texte (nouvelle fenêtre) d'Arty Sarkisian


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