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Le président des États-Unis a donné une interview de plus d’une heure au magazine « Time ». Fidèle à lui-même, il se montre distrait, évasif, voire colérique.
EN BREF • Donald Trump accorde une interview au Time, où il apparaît distrait et colérique, relançant les inquiétudes sur sa capacité à gouverner.
• Il évoque des décisions controversées, comme l’ordre de capturer Nicolas Maduro, influencé par un agent conversationnel d’IA.
• Les journalistes notent son discours confus et sa tendance aux mensonges, ravivant les doutes sur sa santé mentale.
À un peu plus d’un mois des élections de mi-mandat qui pourrait lui coûter la majorité au Congrès et malgré son aversion pour les médias, Donald Trump a accueilli le Time à la Maison-Blanche pour une interview fleuve publiée ce jeudi 1er octobre. Dans cet entretien de plus d’une heure mené par les journalistes Eric Cortellessa et Sam Jacobs, on apprend notamment qu’en décembre 2025, avant de donner l’ordre de capturer le président vénézuélien de l’époque, Nicolas Maduro, Donald Trump aurait demandé son avis à… Grok, l’agent conversationnel d’IA de X.
Ce dernier lui aurait répondu que le président était un dictateur « répressif et profondément impopulaire » et que la population serait sans doute contente d’en être débarrassé, rapporte un fonctionnaire présent dans le Bureau ovale à cette époque.
Questionné sur la guerre en Iran, Donald Trump n’exclut pas d’intensifier ses frappes dans les prochaines semaines. Un conflit qui n’a pas aidé à fluidifier ses relations avec Benyamin Netanyahou. Souhaite-t-il le voir remporter les élections d’octobre prochain ? Pas de réponse claire, mais une porte qui semble ouverte pour Gadi Eisenkot, son principal concurrent, contre qui le président n’a « rien entendu de négatif ».
Des craintes récurrentes sur sa capacité à gouverner
Au-delà des fake news et des approximations qui ont ponctué l’entretien, Eric Cortellessa et Sam Jacobs ont été interloqués par l’attitude de Donald Trump. Ils n’ont pas pu s’empêcher de noter, après plus d’une heure d’entretien, que son « chemin de pensée était difficile à suivre », que son discours « avançait par vagues et par détours avant de revenir à ses obsessions habituelles ».
Ce jour-là, il en avait visiblement deux : les médias mais surtout les rénovations de la Maison-Blanche. Le magnat de l’immobilier refait vite surface et le président a tenu à montrer aux reporters les modifications qu’il avait apportées au bâtiment, non sans fierté. Ils ont donc eu droit à un rapport détaillé sur l’épaisseur des futurs murs de la nouvelle aile Est ou sur le granit italien importé pour créer l’héliport.
« C’est ce que je fais de mieux, a-t-il lancé. Je me demande : est-ce que je suis meilleur bâtisseur ou politicien ? » La question n’aura pas de réponse, mais à aucun moment de l’interview, Donald Trump n’aura été aussi à l’aise que pour parler de ciments nucléaires et de poignées de portes dorées.
Les deux journalistes ont aussi relevé la tendance aux mensonges du chef d’État. « Il a raconté des conversations qui semblaient parfois peu plausibles », écrivent-ils, donnant pour exemple le jour où les services secrets auraient ainsi voulu démolir le Bureau ovale afin de le reconstruire.
Les inquiétudes sur la santé mentale de Donald Trump et sur son incapacité à gouverner les États-Unis refont surface au gré de ses prises de parole. En mai dernier, un collectif de médecins avait envoyé un message à celui de la Maison-Blanche pour l’alerter sur « le jugement, la prise de décision et le rapport à la réalité de Trump », qu’ils jugeaient « dangereusement altérés ». Une crainte démentie par le principal intéressé.


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