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L’industrie du miel serait durement touchée par les tarifs américains

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Alors que les négociations tarifaires accaparent l'actualité et qu'il ne reste que deux jours avant la date limite pour conclure un accord, une industrie passée sous le radar jusqu'à présent craint d'être frappée de plein fouet : celle du miel.

Historiquement exempté de droits de douane en vertu de l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), le miel canadien a été inclus en juillet dernier parmi les centaines de produits ciblés par la nouvelle salve de menaces de l’administration américaine.Washington brandit la menace de tarifs punitifs de 50 %, invoquant des pratiques commerciales qu'elle juge déloyales.

Cet enjeu est de taille : les apiculteurs canadiens exportent environ 70 % de leur production vers les États-Unis. À l'échelle nationale, le secteur a généré des revenus de plus de 241 millions de dollars en 2025.

Le directeur général du Conseil canadien du miel, Rod Scarlett, a exprimé sa surprise et son choc face à l'inclusion de ce produit dans la liste des marchandises potentiellement visées.

L'Alberta, plus grand producteur au pays, est particulièrement vulnérable. Les Prairies représentent environ 60 % de la production canadienne de miel, et l'Alberta, à elle seule, en produit 40 %, souligne-t-il.

Un effet domino sur le marché local

Sur le terrain, les conséquences se font déjà sentir. Dans le centre de l’Alberta, la récolte bat son plein, mais cette incertitude vient créer un stress additionnel pour les apiculteurs.

C'est une frustration de plus, déplore Lorne Prins, propriétaire de l'entreprise Gull Lake Honey, située à environ 130 kilomètres au sud d'Edmonton. Son exploitation compte près de 3000 ruches réparties sur quelque 90 sites.

Même si Lorne Prins ne vend ses produits qu'à l'échelle locale, il subira lui aussi les contrecoups de cette crise. Sans acheteurs au sud de la frontière, il redoute une chute importante des prix localement.

Cela va coincer une quantité énorme de miel dans les Prairies, ce qui pourrait être très, très préjudiciable pour nos prix cette année, s'inquiète-t-il.

L'été humide avait déjà suscité de l'inquiétude quant aux niveaux de production cette année, et maintenant, il faut envisager la possibilité de voir les prix de notre miel s'effondrer à cause des droits de douane américains.

Une course contre la montre compliquée par la météo

Jeremy Olthof, propriétaire et exploitant de Tees Bees, à environ 150 kilomètres au sud d'Edmonton, abonde dans le même sens. Pour lui aussi, la menace tarifaire ajoute un fardeau à une saison où le temps humide a déjà perturbé les échéanciers et retardé l'extraction.

Je connais beaucoup d'apiculteurs qui se démènent en ce moment, raconte-t-il. Comme tout a pris énormément de retard cette année, il n'y a tout simplement pas assez de miel en fûts à l'heure actuelle pour réussir à l'expédier à temps.

Par à temps, il entend avant l'entrée en vigueur des tarifs douaniers.

Selon Rod Scarlett, les exportations ont fort probablement grimpé en flèche au cours des deux dernières semaines, les producteurs s'empressant de faire traverser la frontière à leurs cargaisons vers le sud.

Les emballeurs américains étaient inquiets à l'idée de manquer de miel canadien. Ils ont donc devancé les dates de livraison prévues dans leurs contrats et ont revu leurs prix à la hausse, conclut le directeur général du Conseil canadien du miel.

Dans un courriel transmis à CBC News, Agriculture et Agroalimentaire Canada a indiqué avoir rencontré le Conseil canadien du miel ainsi que des représentants du secteur afin d'évaluer les répercussions potentielles.

Si aucune entente n’est conclue, le ministère rappelle que des programmes fédéraux existants, tels qu'Agri-investissement et Agri-stabilité, sont en place pour aider à amortir les pertes.

Avec les informations de Nadeer Hashmi

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