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En juillet, lors d'un après-midi particulièrement chaud, les sources renouvelables ont couvert plus de la moitié de la demande électrique indienne, pour la deuxième fois dans l'histoire énergétique du pays. Brièvement, la production solaire, éolienne, hydraulique et nucléaire a dépassé celle du charbon. Un cap important, qui témoigne de la croissance spectaculaire des énergies décarbonées dans le mix énergétique indien, rappelle la BBC.
«Cela a montré que les énergies renouvelables ne sont plus une source marginale, reléguée en périphérie du réseau électrique», souligne Sumant Sinha, PDG de ReNew Power, l'une des plus grandes entreprises indiennes du secteur de l'énergie. La transition énergétique de la première puissance démographique mondiale s'est accélérée au cours de la dernière décennie. Entre 2016 et 2026, la capacité installée d'énergies renouvelables est passée d'à peine 4 GW à près de 300 GW. Les capacités non fossiles ont atteint 54% de la capacité totale du pays.
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Pour un pays historiquement très dépendant du charbon polluant, cette transition rapide illustre les efforts entrepris pour décarboniser le réseau électrique. L'essor des renouvelables fait toutefois face à de nombreux défis, à commencer par le manque et la vétusté des infrastructures de transport. «Au premier trimestre 2026, les contraintes de transport ont représenté près des deux tiers de toutes les restrictions de production d'énergie renouvelable, soit 300 GWh», estime le groupe de réflexion spécialisé dans l'énergie Ember. En d'autres termes, une grande partie de l'énergie propre est gaspillée car les lignes de transport de l'électricité ne peuvent pas acheminer les électrons vers les lieux de consommation.
«Les projets de production peuvent être construits en 18 à 24 mois, détaille Sumant Sinha. Le développement des infrastructures de transport peut prendre beaucoup plus de temps car il implique l'obtention de droits de passage, l'expropriation, les autorisations et la coordination entre de nombreux organismes. C'est un problème qui prend de l'importance à mesure que le réseau s'étend.»
Objectif 500 GW
D'après les analyses d'Ember, ce décalage entre les projets de production et les infrastructures de transport représente le risque majeur face à l'objectif de 500 GW d'électricité non fossile prévu à l'horizon 2030 par New Delhi. Les experts soutiennent également que le développement des systèmes de stockage par batterie permettrait de mieux absorber les excédents de production. Cela aurait permis de «stocker l'énergie et de l'utiliser en soirée plutôt que de la gaspiller», résume Vibhuti Garg, directrice pour l'Asie du Sud à l'Institute for Energy Economics and Financial Analysis.
Mais l'Inde doit composer avec plusieurs facteurs: l'explosion des prix des batteries, la pénurie de matières premières liée à la guerre au Moyen-Orient et la dépréciation de la roupie ont fait grimper les coûts pour les entreprises spécialisées dans le stockage d'électricité. Ce qui a entraîné l'abandon de nombreux projets.
Selon les estimations, la première puissance démographique mondiale aura besoin de 400 à 500 milliards de dollars (350 à 440 milliards d'euros) pour atteindre son objectif de 500 GW d'énergies renouvelables d'ici 2030. Si l'Accord de Paris a prévu que les pays développés soutiennent financièrement les pays en développement dans leur action climatique, ces fonds se sont avérés difficiles à obtenir. «Les économies émergentes et en développement ne reçoivent qu'environ 15 % des investissements mondiaux dans les énergies propres, alors qu'elles représentent près des deux tiers de la population mondiale», précise Sumant Sinha. Combler les lacunes en matière de financement, d'infrastructures de transport et de stockage sera donc déterminant pour que l'Inde réussisse sa transition énergétique.





























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