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L’Île-du-Prince-Édouard a réalisé une avancée historique en matière de représentation des femmes en politique, grâce aux résultats de l’élection partielle à Cornwall-Meadowbank, lundi. Des défenseurs de la parité en politique notent qu’il y a cependant encore beaucoup de chemin à parcourir dans la province.
La candidate du Parti vert Tayte Willows a remporté la victoire lundi dans la circonscription de Cornwall-Meadowbank, avec près de 40 % des voix.
Avec cette victoire, il y a donc maintenant huit femmes députées dans la province, ce qui représente 30 % des sièges à l’Assemblée législative.
C’est la première fois qu’on voit un tel pourcentage atteint, commente Hannah Bell, directrice générale par intérim de la Coalition pour le leadership des femmes de l’Île-du-Prince-Édouard (PEI Coalition for Women’s Leadership) et ancienne députée de Charlottetown-Parkdale de 2017 à 2023.
Ça a pris du temps pour s’y rendre. C’est fragile — un seul siège fait la différence — mais ça montre vraiment qu’un changement est possible, dit-elle.
Hannah Bell souligne que parmi les plus de 1200 élus dans l’histoire de la province, seules 38 étaient des femmes.

Hannah Bell est la directrice générale par intérim de la Coalition pour le leadership des femmes de l'Île-du-Prince-Édouard.
Photo : Tony Davis / CBC
L’Î.-P.-É. a été la dernière province canadienne à élire une femme à l’Assemblée législative, en 1970. Atteindre les 30 % de femmes élues est un marqueur important, puisqu’il s’agit du seuil minimum identifié par les Nations Unies comme nécessaire à une représentation significative.
Or, la province demeure à la traîne au pays, selon Shari Graydon, PDG de Informed Perspectives, une association canadienne qui a pour mission de réduire l’écart entre les femmes et les hommes dans les médias et dans le discours public.
L’Î.-P.-É. est à l’avant-dernière place du pays en matière de représentation des femmes, souligne-t-elle.
Une proportion de 30 % constitue un seuil critique, mais ça reste un minimum. Ce qu’il faut vraiment dans une démocratie, c’est que les femmes soient représentées à parts égales au sein des instances décisionnaires, ajoute Shari Graydon.
L’importance de la représentation
Shari Graydon explique que les réalités des femmes diffèrent souvent de celles des hommes et que, pour cette raison, leur présence dans des postes décisionnels peut parfois orienter différemment les priorités.
Elle donne en exemple la Colombie-Britannique, une province où les femmes ont été majoritaires au sein du caucus gouvernemental pendant des années, ce qui, selon elle, a sûrement permis l’adoption des politiques, comme la gratuité de la contraception sur ordonnance.
Dans les pays où les femmes détiennent un certain pouvoir, l’économie elle-même bénéficie de leurs idées, estime Shari Graydon.

Shari Graydon est PDG de Informed Perspectives.
Photo : sharigraydon.com
Hannah Bell et Shari Graydon s’entendent à dire que des barrières structurelles continuent de décourager les femmes et les personnes issues de la diversité de genre qui souhaitent faire de la politique.
Mais il ne s’agit pas d’une question de compétence ou de confiance, assure Hannah Bell, qui souligne les obstacles liés à l’accès aux réseaux politiques, aux nominations et au financement au sein des partis.
Hannah Bell pointe aussi du doigt la montée du harcèlement et de la violence. Le climat politique en général se polarise de plus en plus et ça touche particulièrement les femmes et les communautés marginalisées, avance-t-elle.
De son côté, Shari Graydon croit que les partis politiques sont le principal obstacle à la parité.
Les partis ne sont pas ouverts à recruter activement et à présenter des candidates dans les circonscriptions où elles ont des chances de gagner, évalue-t-elle.
Selon ces deux défenseurs de la parité, il faudra d’importants changements systémiques afin que plus de femmes soient élues en politique sur l’île.
Informed Perspectives milite actuellement auprès d’Ottawa afin que des règles soient instaurées pour que les partis assurent un nombre minimum de femmes dans leurs rangs.
Quand les partis sont forcés d’élargir leur champ de recherche, ils finissent par recruter des femmes vraiment compétentes, déclare Shari Graydon.
Hannah Bell ajoute que les partis doivent repenser leur technique de recrutement et soutenir les candidates en leur proposant des formations, des services de garde d’enfants et des règles de campagne plus équitables.
Elle ajoute que des associations, telles que la Coalition pour le leadership des femmes de l’Î.-P.-É., peuvent aussi jouer un rôle pour aider les partis politiques et les candidats à mener des campagnes plus sûres et efficaces.
D’après le reportage de Thinh Nguyen, CBC


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