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TRIBUNE - L’exemple sicilien montre que, plus on rapproche les centres de décision des territoires, plus on accroît le pouvoir des groupes qui le contrôlent. Pour éviter d’accélérer la prolifération mafieuse en Corse, le législateur serait bien inspiré de méditer sur ce risque, alerte l’historien*.
Passer la publicité*Jacques de Saint Victor est historien du droit et professeur des Universités. Derniers ouvrages parus : « Mafia et pouvoir (XIXe-XXIe siècles) » (Gallimard, 2025) ; « Les loups de Tanger » (Calmann-Lévy, 2025).
Le projet de loi sur la Corse qui prévoit d’accorder à l’île un régime d’autonomie législative en reconnaissant une « communauté historique (…) ayant développé un lien singulier à sa terre », n’est pas sans inquiéter. Libre à la République, après tout, de renouer avec les « petites nations » de l’Ancien Régime. Mais il paraît nécessaire d’alerter le législateur sur une illusion.
Dans l’absolu, toutes les écoles de gouvernance vantent depuis Tocqueville les vertus de la proximité. Mais cette doctrine, exacte dans le ciel des idées, peut se retourner de façon bien amère lorsqu’elle rencontre un territoire profondément travaillé par des logiques claniques ou mafieuses.
Car alors tout se renverse. C’est précisément ce que nous enseigne l’histoire des mafias italiennes…


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