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Béhémoth. C'est le nom d'une créature biblique. La plus puissante de toutes. C'est aussi le surnom que l'on peut donner à l'une des plus grosses étoiles de l'Univers. La supergéante rouge WOH G64. Elle se trouve à quelque 163 000 années-lumière de la Terre. Dans la galaxie voisine de la nôtre, du Grand Nuage de Magellan. L'étoile Béhémoth est 1 500 fois plus grande que le Soleil et 282 000 fois plus brillante !
Mais ces dernières années, la luminosité qui nous arrive de cette étonnante supergéante rouge a considérablement diminué. Ça vous rappellera peut-être la mésaventure arrivée à Bételgeuse fin 2019 début 2020.
Ainsi, comme ce fut le cas pour l'étoile située au niveau de l'épaule de la constellation d'Orion, les astronomes ont supposé que cette baisse de luminosité pouvait annoncer l'explosion en supernova de WOH G64. D'autant qu'en novembre 2024, les chercheurs avaient vu ce qu'ils interprétaient comme une preuve supplémentaire que nous allions assister à l'inéluctable. Une image capturée par le Very Large Telescope (VLT, Chili) montrait en effet un cocon de gaz et de poussière en forme d'œuf autour de l'étoile. Comme le signe que la supergéante rouge s'était transformée en hypergéante jaune, plus petite et plus chaude, en se débarrassant de ses couches de gaz les plus externes. Le prélude à son explosion en supernova.
Voici la première image en gros plan d’une étoile située en dehors de la Voie lactée. La supergéante rouge WOH G64 aussi appelée étoile Béhémoth. Les astronomes y voient un cocon de poussière comme le signe que nous pourrions être sur le point d’observer l’explosion de l’étoile en supernova. © ESO, K. Ohnaka et al.
Une preuve irréfutable que l’explosion en supernova de l’étoile Bénémoth n’est pas pour tout de suite
Mais des chercheurs de l'université de Keele (Royaume-Uni) estiment aujourd'hui avoir découvert une preuve irréfutable qu'au contraire - et tout comme ça avait été le cas pour Bételgeuse -, l'étoile Béhémoth a encore quelques beaux jours devant elle. Dans les Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, les astronomes racontent comment ils ont exploité la puissance du spectroscope du Southern African Large Telescope (Salt, Afrique du Sud) et suivi WOH G64 sur plus d'un an, entre novembre 2024 et décembre 2025.
Dans l'atmosphère de l'étoile Béhémoth, l'équipe a découvert de l'oxyde de titane. Or l'oxyde de titane n'est normalement présent que dans les atmosphères de supergéantes rouges. Pas dans celles d'hypergéantes jaunes. « C'est ce que nous pourrions qualifier de phénix renaissant de ses cendres », ironise Jacco van Loon, astrophysicien à l'université de Keele, dans un communiqué.
An international team of astronomers led by a researcher at Keele University has solved a long-standing cosmic mystery surrounding one of the most extreme stars ever observed.
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Bénémoth et Bételgeuse, même combat ?
Mais alors, comment expliquer la baisse de luminosité bien réelle de WOH G64 ? L'imminence d'une explosion en supernova pour une étoile d'environ 5 millions d'années - soit peu ou prou la durée de vie d'une supergéante rouge - était pourtant l'hypothèse la plus confortable. Comme ce fut le cas pour Bételgeuse. Cependant, comme pour l'étoile de la constellation d'Orion, l'hypothèse ne tiendrait finalement pas.
Les astronomes voient désormais WOH G64 comme un système composé d’une supergéante rouge et d’une étoile chaude plus petite. Ici, une vue d’artiste. © Jacco van Loon, Université de Keele
Les astronomes imaginent désormais un autre scénario. L'étoile Bénémoth pourrait avoir une compagne plus petite qu'elle. Alors cette compagne, aux tons probablement bleus, attirerait les couches externes de la supergéante rouge pour former un disque circumstellaire comme celui dévoilé sur les images de 2024.
Les chercheurs ont trouvé une compagne de ce genre à Bételgeuse - décidément ! - en juillet dernier. Ils estiment que sa présence permet d'éclairer les variations de luminosité de l'étoile de l'épaule d'Orion.


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