Les mots sont désormais plus graves. Devant les correspondants du Palais des Nations, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, ne s’est pas voilé la face: «L’actuelle épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RCD) est la deuxième plus importante jamais enregistrée et celle qui se propage le plus rapidement.» Le patron de l’OMS a confirmé les chiffres publiés un peu plus tôt par l’Institut national de santé publique congolais (INSP): cette épidémie d’Ebola dont la souche est dénommée «Bundibugyo» est la plus meurtrière de l’histoire du continent: plus de 3000 morts et plus de 6000 cas d’infections recensés. Cette souche demeure très mortelle avec un taux de létalité de 48,6%. Pour rappel, la pire épidémie d’Ebola en RDC, entre 2018 et 2020, avait fait 2300 morts. Au cours des cinquante dernières années, plus de 15 000 personnes sont mortes de la fièvre hémorragique en Afrique.
Six provinces de RDC sont touchées, mais celle qui demeure l’épicentre de l’épidémie demeure l’Ituri. «On y a identifié 85% des cas d’infection et 88% des décès, souligne le docteur Tedros. Et la plupart des morts se recensent parmi des contacts inconnus. C’est pourquoi il est impératif de casser les chaînes de transmission – sans quoi l’épidémie va continuer à se propager.»


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