Martin Pfister continue son chemin de croix pour remettre le Département fédéral de la défense (DDPS) sur les rails. Mais ce lundi, une fois n’est pas coutume, le conseiller fédéral zougois n’est pas venu en conférence de presse pour tenter d’éteindre une polémique liée aux acquisitions d’armement (avions F-35, missiles Patriot ou drones israéliens). Cette fois, devant les médias, il a évoqué un dossier tout aussi explosif, celui dit de «l’affaire russe» du Service de renseignement de la Confédération (SRC). Cette dernière trouve son origine dans une enquête de SRF Investigativ qui révéla que l’équipe cyber du SRC a entretenu de 2015 à 2020 des liens étroits avec Kaspersky, entreprise spécialisée en sécurité informatique fondée à Moscou. Par ce biais, des informations classifiées seraient ainsi parvenues aux services de renseignement russes.
Dans un contexte de renforcement de la guerre hybride à la suite du déclenchement de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les révélations de la SRF, en juin 2025, font grand bruit. D’autant que, selon la radio-télévision alémanique, deux services de renseignement de pays alliés auraient alerté à plusieurs reprises leurs homologues suisses sur ce danger. Entré en fonction seulement deux mois auparavant, Martin Pfister a réagi rapidement, ordonnant le lancement d’une enquête administrative externe, confiée au cabinet Lenz & Staehelin. Ce sont les conclusions de ce travail que le chef du département présentait ce lundi. Le centriste se veut rassurant: «Aucun indice fiable n’a pu mettre en évidence l’existence d’activités d’espionnage politique.»


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