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L’enquête concernant les sépultures potentielles à Kamloops « plus complexe que prévu »

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Dans un communiqué de presse, la Première Nation Tk̓emlúps te Secwépemc affirme que l’enquête en cours à l’ancien pensionnat pour Autochtones de Kamloops se révèle « plus complexe que prévu ». En mai 2021, la Première Nation avait annoncé la découverte de 215 sépultures anonymes potentielles sur ce terrain.

Ceci avait alors déclenché un mouvement national entourant ces écoles religieuses destinées à assimiler les enfants autochtones dans la culture occidentale.

Dans son communiqué, la Première Nation Tk̓emlúps te Secwépemc indique que certaines zones ont été exclues comme étant des sépultures et que les efforts devraient maintenant être concentrés sur des secteurs précis. Des signatures ressemblant à des sépultures ont été trouvées dans certaines zones, ajoute-t-elle.

Ces conclusions proviennent d’une enquête effectuée depuis 2021 en collaboration avec des experts indépendants utilisant trois technologies : le radar à pénétration du sol, le balayage laser (LiDAR) et le recours à des chiens spécialisés.

La Première Nation Tk̓emlúps te Secwépemc déplore les difficultés à accéder aux archives des gouvernements provincial et fédéral et de l'Église catholique romaine du Canada, évoquant des restrictions gouvernementales sur certaines archives et une lenteur des réponses.

Elle explique l’importance d’obtenir ces archives pour identifier les pensionnaires qui ne sont jamais rentrés chez eux ainsi que leur nation autochtone, considérant que l’établissement a accueilli des enfants issus de 38 Premières Nations réparties dans 119 communautés de la Colombie-Britannique.

Étant donné que 38 nations sont concernées, nous devons rechercher un consensus sur toute décision future. [...] Chaque nation applique ses propres protocoles culturels et spirituels concernant le traitement des restes ancestraux.

Les possibilités évoquées sont de préserver le verger en tant que site sacré, comme lieu de mémoire et de guérison, ou de procéder à des fouilles, soulignant qu’un consensus total ne sera peut-être jamais possible.

Rosanne Casimir qui regarde au loin.

Rosanne Casimir est la cheffe (Kúkwpi7) de la Première Nation Tk̓emlúps te Secwépemc.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

La question du rapatriement des restes ancestraux dans les communautés d’origine, un processus extrêmement complexe et délicat, nécessiterait de longues consultations avec les nations, des analyses d’ADN, une expertise médico-légale et le respect des lois et protocoles appropriés.

La cheffe de la Première Nation Tk̓emlúps te Secwépemc, Rosanne Casimir, a indiqué qu’elle n’accorderait aucune entrevue pour le moment.

Réactions des gouvernements et de l'Église

Contactée par Radio-Canada, la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) affirme souhaiter la participation de l’Église au processus de guérison des survivants des pensionnats pour Autochtones et de leurs communautés, en reconnaissant qu’il s’agit d’un processus dirigé par les Autochtones.

La CECC indique qu’elle n’a ni fondé ni administré de pensionnats autochtones et qu’elle ne possède donc aucun dossier concernant les pensionnats pour Autochtones.

Évoquant l’organisation géographique de l’Église catholique, elle renvoie les questions posées aux deux ordres religieux ayant géré [le pensionnat] jusqu’à sa prise en charge par le gouvernement fédéral, soit les Missionnaires Oblats de Marie Immaculée et les Sœurs de Sainte-Anne.

Les deux institutions, tout comme le gouvernement fédéral, n’avaient pas donné de réponse par courriel lors de la publication de cet article.

L'ancien pensionnat pour Autochtones de Kamloops.

L’Église catholique était à la tête de l’ancien pensionnat pour Autochtones de Kamloops de 1890 à 1969. Le gouvernement fédéral a ensuite pris en charge l'administration de l'école, qui était alors utilisée comme résidence pour les élèves fréquentant les écoles locales, jusqu’à sa fermeture, en 1978.

Photo : Radio-Canada / Andrew Lee

Le ministère des Relations avec les Autochtones et de la Réconciliation de la Colombie-Britannique dit reconnaître, par le biais d’une déclaration, que ces établissements soulèvent de nombreuses questions sans réponse pour les survivants, leurs familles et leurs communautés.

Il mentionne également que le gouvernement fédéral continue de jouer un rôle central dans le traitement de l'histoire et de l'héritage du système des pensionnats pour Autochtones.

Le ministère ajoute travailler en étroite collaboration avec le service des archives provinciales du Musée royal de la Colombie-Britannique, le Centre national pour la vérité et la réconciliation et d'autres partenaires fédéraux et provinciaux dans le but de coordonner et d'élargir l'accès aux documents historiques et d’archives qui appuient ces enquêtes.

Une ligne nationale d'écoute téléphonique sur les pensionnats pour Autochtones est disponible 24 heures sur 24 au 1 866 925-4419 pour les survivants et les personnes touchées, afin de leur fournir des services d'aide émotionnelle et d'orientation en cas de crise.

Des conseils en matière de santé mentale et un soutien en cas de crise sont également disponibles 24 heures sur 24, sept jours sur sept, par l'intermédiaire de la Ligne d’écoute d’espoir pour le mieux-être, au numéro 1 855 242-3310, ou par clavardage en ligne (nouvelle fenêtre).

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