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Le plan d'expansion du Port d'Halifax créé des tensions pour les acteurs de la filière du grain de l'Atlantique, qui dépendent des élévateurs à grains situés dans la capitale pour leurs exportations.
Les élévateurs à grains d’Halifax, situés dans le port, stockent et exportent des produits tels que des céréales, du soja et des granulés de bois depuis 1925.
L'installation est exploitée par l’entreprise privée Halifax Grain Elevator Limited, qui n’a, à ce jour, aucune certitude quant au renouvellement de son bail se terminant à la fin de l'année 2026.
Nous n’avons encore rien de concret : il s’agit d’un accord de principe. Rien n’a été signé et aucun détail n’a encore été élaboré, affirme sa présidente et directrice générale, Kim Batherson.

La présidente et directrice générale des élévateurs à grains d'Halifax, Kim Batherson, dit être en négociations avec les autorités portuaires pour obtenir un renouvellement du bail de ses installations.
Photo : Radio-Canada / Paul Legere
Le Port d’Halifax, propriétaire de l’édifice, a entamé en 2022 un plan de développement sur 50 ans qui prévoit l'agrandissement de son terminal à conteneurs.
La suppression du poste d’amarrage ou le non-renouvellement du bail par les autorités portuaires menacerait directement la survie financière des partenaires des élévateurs à grains, selon Kim Batherson. Les clients du secteur des granules de bois n’auraient aucun autre endroit pour exporter leurs produits ailleurs en Nouvelle-Écosse, soutient-elle.
Une solution à court terme
Malgré l'échéance critique, Kim Batherson évoque la possibilité d’un prolongement de contrat jusqu'à 2028 avec l’administration portuaire. Le port s’est engagé à travailler avec nous et nos parties prenantes afin de trouver une solution à long terme qui convienne à tout le monde, à tous les utilisateurs du port, indique-t-elle.
Le Port d’Halifax n’a pas voulu s’exprimer sur les négociations en cours.
Il a toutefois affirmé par courriel chercher une solution qui concilie l'expansion et le maintien des activités céréalières, bien qu’aucune garantie formelle de prolongation n'a été signée à ce jour.
Notre objectif est de développer Halifax en tant que porte d'entrée stratégique et essentielle pour le commerce, reliant le Canada au reste du monde, a établi la directrice des communications du Port d’Halifax, Lori McLean, mercredi dernier.
Après avoir pris connaissance de cette déclaration, Kim Batherson s’est dite prudemment optimiste concernant l’avenir des silos.
Je crois qu’une solution se dessine. Je ne sais pas encore à quoi elle ressemblera, ni combien elle coûtera, ni qui la financera, mais ce sont des éléments qui, espérons-le, pourront être réglés à court terme.
Dans ce climat d'instabilité contractuelle, le directeur de l'Association des producteurs forestiers de la Nouvelle-Écosse, Todd Burgess, réclame fermement le prolongement de bail des élévateurs à grains. Au nom de l’industrie des granulés de bois et de la forêt, j’aimerais dire que la situation est très très critique, s'inquiète-t-il.
Il insiste sur le rôle économique important des élévateurs, à l'échelle nationale et internationale.
Les silos d’Halifax facilitent vraiment l’exportation des granulés de bois dont l’Europe a besoin, souligne-t-il.

Les granulés de bois produits en Nouvelle-Écosse transitent par les élévateurs à grains du port d'Halifax vers les marchés européens, notamment. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Dans une déclaration écrite, mardi dernier, le ministère provincial de l’Agriculture a reconnu l’apport important des élévateurs à grains dans l’économie et sa contribution à la sécurité alimentaire. Nous travaillons de concert avec nos collègues provinciaux et fédéraux et espérons qu’une solution à long terme sera trouvée, indique le courriel.
Les autorités portuaires ont aussi indiqué compter sur une collaboration avec les gouvernements fédéral et provincial pour trouver une solution.
Nous continuons de travailler avec les parties prenantes et tous les niveaux de gouvernement pour identifier une solution qui permettra la poursuite des exportations forestières et agricoles du Canada atlantique vers les marchés internationaux, écrit Lori MacLean.
Ottawa en retrait pour l'instant
Toutefois, le gouvernement fédéral ne semble pas vouloir s'immiscer dans les négociations entre les signataires du bail.
Les administrations portuaires sont responsables de prendre des décisions commerciales concernant la gestion des terrains portuaires, notamment la planification de l’utilisation des terres [...] ainsi que les ententes de location avec les exploitants de terminaux portuaires, affirme la conseillère en communication par intérim du ministère de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Emily Voggenreiter, au nom du ministère des Transports.
Todd Burgess estime que l'absence de planification à long terme n’incite pas les investisseurs dans le secteur du bois à se développer en Nouvelle-Écosse. Nous avons pourtant besoin de cette sécurité, de cette capacité de stocker et d’exporter, pour assurer une pérennisation des investissements, exhorte-t-il.


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