NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Que faire pour dépasser un trauma et rendre hommage à ceux qui n'ont pas survécu ? On peut le consigner par écrit, ou en faire le récit à travers un film, en invitant d'autres survivants à empoigner le flambeau de la transmission avec soi. C'est la démarche entreprise par Tawfik Sabouni, rentré en Syrie après la chute de Bachar al-Assad, pour se confronter à l'horreur vécue au plus profond de sa chair dans les prisons du régime.
"On parle de 177 000 disparus dont on ignore le sort. Cela s'ajoute aux milliers de personnes dont on connaît les noms et qui sont mortes dans ces prisons."
Réfugié en Belgique depuis 2015, le cinéaste belgo-syrien avait imaginé témoigner de son expérience de prisonnier politique et reconstituer ce huis clos cruel, en studio, dans un décor symbolisant l'enfermement carcéral. Ce sont les plans et la maquette de cette prison reconstituée que l'on aperçoit au début du film, L'Autre côté du soleil.
Avec quatre ex-détenus, Tawfik Sabouni est revenu se confronter à l'enfer de la prison Saidnaya, du régime Assad. ©Dérives"En fait, aucun d'entre nous n'a jamais vu la prison. En tant que prisonniers, on avait toujours les yeux bandés dès qu'on se déplaçait. J'ai volé une image qui s'était formée dans ma tête et j'ai essayé de construire le décor avec cette image, en me faisant aider par un architecte syrien."
"Vous êtes des hommes libres, sortez! C'est fini, Bachar est parti...": en Syrie, les prisonniers sortent de l'enfer de la prison de SaydnayaUne expérience cathartique
En contact avec d'autres rescapés, réfugiés en Belgique comme lui, ils commencent à tisser ensemble les fils de leur récit commun. Mais lorsque le régime d'Assad chute en décembre 2024, "l'urgence et la nécessité" de se rendre sur place pour tourner dans le décor même de la prison de Saidnaya, en partie détruite, s'impose à Tawfik Sabouni.
Impossible d'emmener les ex-prisonniers rencontrés en Europe. "Ils ne pouvaient pas encore retourner en Syrie parce qu'ils avaient le statut de réfugiés. Il fallait donc que je cherche d'autres personnes en Syrie." Sur place, le réalisateur prend contact avec d'autres ex-prisonniers prêts à se confronter aux souvenirs lancinants de la torture, des meurtres et de l'enfermement. Ce qui le frappe au cours des premières discussions, "c'est à quel point on se ressemble tous". Que ce soit en studio à Liège ou sur place, sur ce site isolé non loin de Damas : "les images et les bruits qui nous hantent sont les mêmes".
Le tournage va durer 19 jours, en tout, avec une équipe syrienne constituée sur place, mais ils n'ont passé que quelques jours dans le cadre de la prison elle-même.

Avec une amie belge, psychologue, qui connaît son parcours et son histoire, le réalisateur a soigneusement préparé le plan de tournage afin de pouvoir accueillir les émotions et les souvenirs que la confrontation à ce lieu maudit va réveiller. "Depuis le premier jour, ils savaient qu'ils pouvaient partir quand ils voulaient. Aucun contrat ne les obligeait à rester jusqu'au bout, mais ils sont restés. Certains jours, ce sont eux qui m'ont donné la force de continuer."
Afin de ne pas rendre les journées encore plus pénibles, Tawfik Sabouni choisit d'alterner moments graves et scènes plus anodines (déplacements de groupe, conversations entre détenus, etc.). Mais malgré ces précautions, l'équipe, submergée par l'émotion, a dû régulièrement interrompre le tournage.
"Un abattoir humain" : des personnes seraient encore enfermées dans des cellules souterraines en SyrieDans le documentaire, les gardiens de la prison Saidnaya sont matérialisés par des mannequins, car aucun d'eux n'a été inquiété après la chute d'Assad et chaque ancien prisonnier a dû apprendre à vivre avec le souvenir des privations et de la torture, sans qu'aucune peine ne soit prononcée ou aucune compensation accordée pour adoucir le présent. Une impunité qui accentue le traumatisme.
Dans cet océan de douleur et d'injustice, chacun a pu se raccrocher à un voisin, un codétenu devenu un ami. Ce film a évidemment un côté thérapeutique et cathartique, célébrant les liens qui continuent à les unir au-delà des souvenirs.
Présenté en février dernier dans le cadre de la Berlinale, le film vient de remporter le Grand prix du Festival War on Screen.
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.


1 hour_ago
24



























.jpg)






French (CA)