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L’arrivée des immigrants africains, « une explosion de vie » à la cathédrale St-Boniface

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La messe du dimanche à la paroisse Cathédrale Saint-Boniface de Winnipeg attire de plus en plus d’adeptes. Dans les trois dernières années, les bancs de l’église se sont remplis d’immigrants venus de pays africains qui redonnent vie à la communauté paroissiale.

C’est une révolution, une explosion de vie, se réjouit Diane Bélanger, catéchète et membre de la paroisse depuis de longues années. Elle a remarqué les changements de la paroisse causés par plusieurs vagues d’immigration, venues d’Afrique en grande majorité.

Avant, les paroissiens étaient principalement blancs et je dirais même beaucoup de tête grise, de personnes plus âgées

Une femme.

Diane Bélanger anime la liturgie des jeunes à la paroisse Cathédrale Saint-Boniface avec sa collègue Ghislaine Gauthier.

Photo : Radio-Canada / Juliette Straet

Le frère Germain Kpakafi, curé de la paroisse depuis 2021, confirme : la transformation que nous avons ici est à l’image de la démographie du Canada. Selon lui, entre 60 et 90 % des 400 paroissiens qui assistent à la messe du dimanche sont d’origine africaine. Ils viennent du Togo, du Cameroun, de Côte d’Ivoire, du Congo, du Bénin et bien d’autres.

Ce n’est pas seulement chez nous, francophones. Quand vous allez dans des paroisses anglophones, vous trouverez les mêmes situations.

Au fond de l’église, les poussettes encombrent les rangées et les enfants jouent et courent entre les bancs. Ça me donne beaucoup de joie de voir des familles qui reviennent à l'église, assure le frère Germain Kpakafi.

Une poussette dans une église.

De plus en plus de familles fréquentent la paroisse Cathédrale Saint-Boniface.

Photo : Radio-Canada / Juliette Straet

Ces nouvelles arrivées ont poussé la paroisse à organiser de nouvelles traditions, des moments de rassemblement communautaire et spirituel. Même si cela met plus de pression sur les ressources et les bénévoles de la paroisse, le frère Germain Kpakafi assure que c’est une joie de voir plus de gens pratiquer leur foi.

La liturgie des jeunes

Parmi ces nouveaux rendez-vous spirituels, il y a la liturgie des jeunes. C’est un moment organisé deux dimanches par mois qui rassemblent jusqu’à 55 adolescents de la paroisse.

Diane Bélanger est à l’initiative de ces rencontres. J’avais remarqué de jeunes adolescents dont l’attitude corporelle dénotait un ennui majeur pendant les messes, se souvient-elle, racontant avoir été interpellée par l’Esprit-Saint pour commencer une liturgie des jeunes.

C’est un groupe de jeunes qui sont arrivés d'Afrique déjà avec la foi, qui sont dans des familles où se vit la foi.

Pour Nancy Magnion venue de Centrafrique, ce rendez-vous lui a permis de se sentir comme chez elle. J’avais aussi une communauté de liturgie avec les jeunes en Afrique. Le fait que ce soit pareil, ça a facilité l’adaptation, explique-t-elle.

Deux filles.

Nancy Magnion (à gauche) et Alexandra Bondou (à droit) participent à la liturgie des jeunes de la paroisse Cathédrale Saint-Boniface.

Photo : Radio-Canada / Juliette Straet

Sa cadette de 12 ans, Alexandra Bondou, s’est dite impressionnée par la diversité de la communauté paroissiale. Je suis venue ici avec beaucoup de curiosité, je me demandais si ça allait être différent. Je suis impressionnée de voir autant de gens de pays différents écouter la parole de Dieu.

L’église et le groupe de liturgie donnent un sentiment d’appartenance à ces jeunes venus d’ailleurs. Voir autant de jeunes qui viennent à l’église, ça fait vraiment plaisir, on s’investit plus dans les activités de la paroisse, assure Ethan Kouadio, 16 ans.

Les séances de liturgie permettent aussi aux jeunes de partager leurs expériences et leurs doutes. Même s’ils ne sont pas tous très bavards, la liturgie des jeunes est un espace de confiance, où ils peuvent se confier sans être jugés.

Un bouleversement qui a demandé une période d’adaptation

L’arrivée de ces familles immigrantes et leur engagement au sein de la paroisse ont requis une certaine période d’adaptation pour les paroissiens franco-manitobains, selon Diane Bélanger.

Je pense que pour plusieurs de ces personnes, ça a été un choc, mais il y a beaucoup d’ouverture qui s’est produite en trois ans, explique-t-elle.

Selon la catéchète, certaines personnes préfèrent venir le samedi soir, lors de la messe essentiellement fréquentée par des Franco-Manitobains plus âgés, plutôt que le dimanche matin.

Nancy Magnion assure s’être sentie toujours très accueillie, un sentiment partagé par sa mère et ses neveux qui sont toujours très excités de revenir à l’église.

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