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L’AMQ appuie les régions dans la bataille des redevances minières

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Sondage en main, l’Association minière du Québec (AMQ) souhaite voir une plus grande proportion des redevances minières revenir aux communautés locales où a eu lieu l’extraction.

C’est ce qu’a soutenu la présidente-directrice générale (PDG) de l’AMQ, Emmanuelle Toussaint, appelée à commenter les résultats d’un sondage commandé à la firme Léger sur la perception des Québécois à l’égard du secteur minier.

Il a été réalisé auprès de plus de 2000 répondants de partout dans la province, près des deux tiers des Québécois (64 %) considèrent qu’il serait préférable que les redevances minières soient principalement versées directement aux communautés locales plutôt que d’être partagées entre celles-ci et le gouvernement du Québec.

La PDG de l’AMQ se dit complètement en accord avec ce positionnement.

Pour nous, il ne peut pas y avoir de développement minier s’il n’y a pas une meilleure répartition dans les régions, soutient Emmanuelle Toussaint. Ce qu’on souhaite mettre de l’avant, c’est vraiment démontrer comment c’est important que ça revienne en région et que c’est également une perception dans la population.

Emmanuelle Toussaint rappelle que les villes et municipalités qui accueillent des projets d’exploitation minière ont souvent de nombreuses dépenses à assumer. Évoquant l'étude d'AVISEO sur le déséquilibre fiscal en Abitibi-Témiscamingue, elle dit appuyer les communautés locales qui demandent leur juste part au gouvernement provincial.

Lorsqu’il y a un projet minier ou une mine en opération, il faut penser par exemple aux routes. Que ce soit l’entretien, que ce soit la sécurisation. Il y a aussi souvent des voies de contournement qui vont devoir être pensées et être développées, pour éviter que la circulation provenant des opérations minières, que ce soit en plein milieu d’une ville, fait-elle observer.

Il faut aussi penser à tout ce qui est aqueducs, réseaux d'égouts, gestion des matières résiduelles. Que ce soit des travailleurs basés dans les différentes régions ou que ce soit des gens en navettage, il y a un impact pour les différentes municipalités.

Même si elle souhaite voir les régions ressources recevoir une plus grande part du gâteau, la PDG de l’Association minière du Québec nuance en affirmant que les redevances devraient pouvoir bénéficier à l’ensemble du Québec.

Je ne pense pas que ça doit uniquement retourner dans les régions minières, parce qu’il y a quand même le côté collectif que différentes régions peuvent en bénéficier, c’est tout à fait correct. Mais définitivement, de façon générale, [dans le sondage] le pourcentage est plus élevé de gens qui pensent qu’il devrait y avoir un meilleur partage vers les communautés locales où il y a des projets miniers que l’inverse, souligne-t-elle.

Les préfets saluent l’appui de L’AMQ

Plus d’un an après la présentation par la Conférence des préfets de l’Abitibi-Témiscamingue (CPAT) de l’étude d’AVISEO, qui conclut à un déficit fiscal annuel de près de 800 M$, le président de la CPAT, Gilles Chapadeau, se réjouit de cet appui de l’Association minière du Québec.

C’est une bonne nouvelle que les Québécois puissent reconnaître l’importance de l’apport des régions au PIB québécois. Nous, on l’avait chiffré à travers le rapport AVISEO. On vient encore une fois faire la démonstration que les régions apportent au PIB québécois, mais reçoivent peu par rapport à ce qu’elles rapportent, affirme le président de la CPAT et maire de Rouyn-Noranda.

Le maire de Rouyn-Noranda, Gilles Chapadeau.

Le maire de Rouyn-Noranda, Gilles Chapadeau, est aussi président de la Conférence des préfets de l'Abitibi-Témiscamingue. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / JEAN-MICHEL COTNOIR

Gilles Chapadeau estime que les dépenses supplémentaires que doivent effectuer les municipalités lorsque des mines sont exploitées sur leur territoire doivent être davantage prises en considération dans la redistribution des redevances.

Il faut que ce soit considéré, mais il faut aussi prendre en compte des villes et des municipalités qui ne reçoivent pas de projets, mais qui subissent par exemple les inconvénients, précise-t-il.

Gilles Chapadeau donne en exemple le projet minier Wasamac, d’Agnico Eagle, situé à une quinzaine de kilomètres à l’ouest de Rouyn-Noranda. L’entreprise prévoit traiter le minerai qui y sera extrait à l'usine de Canadian Malartic.

Une pancarte annonçant la mine Canadian Malartic d'Agnico Eagle.

Agnico Eagle est l’unique propriétaire de la mine Canadian Malartic et de la mine Odyssey.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Il y aura possiblement des camions qui seront sur la route, fait observer Gilles Chapadeau. Donc, les gens qui sont le long de la 117 vont aussi avoir les effets négatifs. Je suis un régionaliste, je pense qu’il faut avoir une vision régionale de la redistribution.

En ce qui a trait au détail de cette redistribution, le président de la Conférence des préfets affirme vouloir y aller une étape à la fois.

D’abord, c’est de nous assurer qu’on va avoir notre juste part. Et, par la suite, on trouvera le moyen de travailler la mécanique [de la redistribution], conclut-il.

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