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L’administration Trump annule un rapport sur l’Arctique, une attaque de plus à la science du climat

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Ce rapport de référence sur le changement climatique était publié chaque année depuis 2006, alors que Donald Trump ne cesse de s’en prendre aux scientifiques travaillant sur le sujet.

Par Timothée Barnaud avec AFP

L’administration de Donald Trump a annulé un rapport de référence sur le changement climatique en Arctique, la dernière de ses attaques incessantes contre le climat et la science.

ANNA MONEYMAKER / Getty Images via AFP

L’administration de Donald Trump a annulé un rapport de référence sur le changement climatique en Arctique, la dernière de ses attaques incessantes contre le climat et la science.

Un coup supplémentaire porté à la recherche sur le climat aux États-Unis. Le gouvernement de Donald Trump a reconnu cette semaine avoir annulé la publication d’un rapport de référence sur l’état de l’Arctique, pourtant véritable « baromètre du changement climatique » selon des spécialistes toujours plus inquiets de la volonté du président américain d’« enterrer la science ».

Ce rapport annuel sur l’Arctique, une référence dans le monde de la recherche, était publié chaque année depuis 2006, y compris jusqu’en décembre dernier, alors que l’administration Trump était déjà au pouvoir.

Mais en 2026, la branche de l’État fédéral qui pilote ce rapport, l’Agence d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), a annoncé qu’elle ne le publierait pas. « La coordination du rapport sur l’Arctique 2026 ne sera pas faite par la NOAA », peut-on lire dans un communiqué qui ne donne pas de raison justifiant cet arrêt brutal.

« La région qui se réchauffe le plus rapidement »

« Ils imposent l’ignorance » alors que « l’Arctique est un baromètre du changement climatique », s’indigne auprès de l’AFP Rick Spinrad, un ancien patron de la NOAA. Le rapport de décembre 2025 informait que cette zone de glace autour du Pôle Nord avait vécu son année la plus chaude jamais enregistrée.

« L’Arctique est la région de la planète qui se réchauffe le plus rapidement », souligne à l’AFP Twila Moon, l’une des trois auteurs du rapport ces dernières années, qui a appris la nouvelle ce lundi.

Cette chercheuse à l’Université du Colorado à Boulder se dit « extrêmement déçue » de cette décision, « c’est une erreur de ne pas maintenir le leadership et les compétences de la science climatique américaine ». Elle indique cependant qu’elle travaille, avec d’autres coauteurs, à « trouver une voie pour parvenir à publier un rapport sur l’Arctique en 2026 » sans le soutien du gouvernement fédéral.

Des attaques qui se répètent contre la science

Cet exemple n’est que le dernier en date d’un gouvernement déterminé à s’en prendre à la recherche documentant les impacts du changement climatique d’origine humaine.

La semaine passée, les Académies nationales des Sciences, de l’Ingénierie et de la Médecine, un organisme scientifique de renom qui se veut indépendant, ont également plié face à Donald Trump. Elles ont retiré de leur site un chapitre sur le changement climatique d’un ouvrage de référence à destination de la justice qui avait suscité l’ire du président américain.

Donald Trump avait qualifié mi-juillet ce chapitre de « biaisé et trompeur », et accusé cette institution d’être aux mains des « démocrates d’extrême gauche ». Les Académies ont reconnu avoir retiré ce passage qui, selon elles, « mérite un passage en revue » qui doit s’achever « à l’automne. »

« Besoin d’information scientifique fiable »

C’est pourtant cette même institution qui a publié mi-juillet un rapport concluant à la fiabilité des études attribuant des événements météo extrêmes, comme les vagues de chaleur ou les pluies diluviennes, au changement climatique d’origine humaine.

Le retrait du chapitre à destination du monde judiciaire inquiète Carly Phillips, de l’ONG environnementale Union of Concerned Scientists. « Les juges ont besoin d’information scientifique fiable à propos du changement climatique afin de pouvoir étudier les dossiers sur le fond », a-t-elle dit à l’AFP.

Plus tôt cette année, l’administration Trump a abrogé le texte qui servait de fondement à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis, lui permettant d’assouplir la régulation sur les émissions des véhicules. Elle a aussi essayé de démanteler un laboratoire du Colorado qui est une référence mondiale pour la science du climat et la météo, mais a été freinée par une décision de justice.

« Ils essayent vraiment d’enterrer la science », reprend auprès de l’AFP Michael Mann, climatologue à l’Université de Pennsylvanie et auteur d’un récent livre sur le sujet. « Avec l’accumulation des preuves et un été qui montre aux gens, avec les incendies et les canicules, les conséquences du changement climatique, c’est une peine perdue », tente-t-il d’espérer. « Mais ça ne veut pas dire qu’ils ne vont pas continuer d’essayer. »

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