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En 2025, les francophones du Manitoba ont pu voir en action un gouvernement provincial qui s’intéresse tout particulièrement à leur cause, avec le lancement de consultations sur l’avenir du bilinguisme manitobain. L’année a aussi été marquée par des changements à tête d’organismes.
Les consultations pour faire du Manitoba, une province véritablement bilingue
De juin à octobre 2025, le gouvernement du Manitoba a mené des consultations publiques sur le bilinguisme. Le premier ministre Wab Kinew a souligné qu’il souhaite donner à sa province un statut officiellement bilingue, en s’inspirant du modèle du Nouveau-Brunswick.
La consultation publique a pris fin le 31 octobre et le rapport final sera dévoilé par la province le 20 mars.

Glen Simard, ministre responsable des Affaires francophones et Ivan Normandeau, président de l’Association des municipalités bilingues du Manitoba (AMBM) lors d'une conférence sur le bilinguisme à Saint Boniface.
Photo : Radio-Canada / Rachid Nahli
En lançant la portion en ligne des consultations, le ministre responsable des Affaires francophones, Glen Simard, a dit qu’il espérait entendre la vision des Manitobains qui ont la francophonie à cœur .
La Société de la francophonie manitobaine (SFM) s’est fixé comme objectif d’inciter les gens à participer à cette consultation en lançant l’initiative « Capitaine participation ».
Plusieurs consultations publiques ont été organisées par le gouvernement de Wab Kinew dans certaines municipalités rurales, comme à Sainte-Anne ou encore dans la ville de Brandon.

La salle du centre de services bilingues de Sainte-Anne était pleine en septembre, lors d'une consultation publique organisée par le gouvernement sur le bilinguisme.
Photo : Radio-Canada / Victor Lhoest
Ces consultations ont rassemblé les différentes communautés qui ont exprimé leur fierté francophone et leur engagement en faveur d’une province où les Manitobains peuvent s’exprimer en français.
En date du 16 octobre, la province avait reçu 1 277 réponses aux sondages menées en ligne, soit 758 réponses en français et 519 en anglais.
La Société de la francophonie manitobaine a aussi déposé un mémoire pour appuyer son point de vue sur les consultations publiques. Dans ce mémoire, la SFM propose notamment au gouvernement provincial de créer un poste de protecteur du français au Manitoba.
Un premier rapport de l’ère Kinew sur les services en français, enfin
Si le gouvernement néo-démocrate s’est engagé à créer une province véritablement bilingue, elle reste confrontée aux mêmes défis pratiques que son prédécesseur. Un manque de personnel a retardé la publication du rapport annuel du secrétariat aux affaires francophones.
Dans ce rapport, il est souligné qu'il reste beaucoup à faire dans les services en français.

Le nombre de plaintes concernant les services en français est resté stable par rapport à l’exercice précédent. Le Secrétariat en a reçu 34, dont une a été jugée irrecevable, contre 32 plaintes en 2022-2023.
Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve
Le document relève la possibilité d’instaurer des normes à l’échelle du gouvernement pour renforcer les services en français. Il mentionne, entre autres, qu’un nouveau règlement sur l’application de la Loi sur l'appui à l'épanouissement de la francophonie manitobaine pourrait permettre de fixer de telles cibles.
Publié à la fin du mois de novembre, le rapport est trop tardif pour être utile stratégiquement, selon la SFM. Ces rapports sont normalement déposés lors de l’hiver ou du printemps suivant l’exercice sur lequel ils portent.
Du côté de la Ville de Winnipeg, le rapport annuel sur les services en français de 2023 indique que les emplois désignés bilingues sont majoritairement occupés par des personnes qui parlent seulement anglais. Cette situation est particulièrement marquée dans les services d’urgence.
L’année 2025 a aussi vu la publication du rapport annuel de 2024 de la Ville. Dans une lettre soumise à la Ville, le directeur général de la Société de la francophonie manitobaine (SFM), Jean-Michel Beaudry, félicite l’administration municipale pour les efforts réalisés en matière de services en français.
Du changement au CCFM
Au début de 2025, le Centre culturel franco-manitobain (CCFM) s’est retrouvé sans direction générale après le départ de Ginette Lavack, qui a été élue députée de Saint-Boniface–Saint-Vital (nouvelle fenêtre) sous la bannière libérale, aux élections du 28 avril.
Cette période a donné lieu à un certain mécontentement au sein du CA de l’organisme. La présidente a annoncé sa démission et la province a remplacé quatre membres du CA avant la fin de leurs mandats. Alphonse Lawson-Héllu a été désigné président.
Quelques mois plus tard, Patricia Bitu Tshikudi a été choisie en tant que nouvelle directrice générale du Centre culturel après avoir passé 14 ans à Radio-Canada.

La directrice générale du CCFM Patricia Bitu Tshikudi, en poste depuis quelques mois, présente le rapport annuel de l'organisme. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Axel Dansereau Macias
De son côté, l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba (UNMSJM) a nommé Richard Turenne au poste de directeur général. C'est la première fois qu'une personne est nommée à ce poste au sein de l'organisme, qui compte 137 ans d'existence.
L'Alliance française du Manitoba s'est dotée d'une nouvelle direction générale en la personne de Nicolas Michelland.
Sur la scène juridique, l’avocat et ancien président de la Société de la francophonie manitobaine, Christian Monnin, a été nommé juge de la Cour du Banc du Roi du Manitoba par le gouvernement fédéral.

La famille Brown est la première famille offcielle mixte dans l'histoire du Festival du Voyageur. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Joseph Hervé Ahissou
Et puis, le Festival du Voyageur a choisi pour la première fois de son histoire une famille officielle mixte. Il s’agit des Brown, composées de la Franco-Manitobaine, Brigitte Brown de Saint-Norbert, son mari Ryan Brown, d'origine jamaïcaine, et leurs enfants, Maelle et Malik.
Immigration et avenir démographique
Alors que le Manitoba affiche sa volonté de devenir une province véritablement bilingue, le volet travailleurs qualifiés de son programme d’immigration attire peu de francophones.
Selon les chiffres officiels de la province obtenus pour les années 2024 et 2025, le Manitoba a envoyé une lettre d’invitation à 284 francophones l’an dernier, et 243 en date du 23 octobre cette année 2025.

Le Manitoba souhaite attirer via son programme d’immigration plus de francophones dans les prochaines années. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Victor Lhoest
Chaque province reçoit chaque année un quota de nominations de la part d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) pour les personnes souhaitant s’installer au pays depuis l’étranger. Le Programme des candidats du Manitoba, réduit de moitié au début de l’année, récupère finalement 30 % de places. Le Manitoba recevra donc cette année 1489 places supplémentaires.
Une étude publiée par le Réseau en immigration francophone du Manitoba (RIF) indique qu’il pourrait avoirentre 41 000 et 93 000 francophones dans la province d’ici 2046, un chiffre qui varie grandement selon le taux d’immigration francophone.
Le rapport indique qu’un taux d’immigration francophone d’au moins 7 % est nécessaire pour maintenir le poids démographique des francophones par rapport au reste de la population manitobaine.
Les Franco-Manitobains brillent

Maria Chaput, la première sénatrice franco-manitobaine, a recevoir l'Ordre du Manitoba, la plus haute distinction de la province. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Adam YADAOUI
Maria Chaput a reçu l’Ordre du Manitoba, la plus haute distinction de la province. La distinction s’ajoute à l’une des plus prestigieuses au pays, l’Ordre du Canada, que Maria Chaput a reçu en décembre 2022.
Lors d’une cérémonie de remise qui s'est tenue dans les bureaux de Santé Sud, à La Broquerie, le 24 avril, Julie Arnaud a reçu le prix Ronald-Duhamel pour son engagement pour les services en français. Son travail consiste à recruter des travailleurs bilingues au profit de cet office régional de la santé.
De leur côté, Carole Freynet-Gagné et Louis Tétrault ont remporté les prix Riel 2025.

Carole Freynet-Gagné et Louis Tétrault sont les récipiendaires des prix Riel 2025.
Photo : Radio-Canada / Victor Lhoest
Remis par la Société de la francophonie manitobaine depuis 1983, ces prix récompensent les personnes qui contribuent à la vie de la communauté francophone de la province, notamment par le biais du bénévolat.


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