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Les opérations de charme de Cimencam ne trompent plus grand monde au Cameroun. Distribuer des sacs d’école avec force caméras à Bonabéri, Figuil et Nomayos pour masquer la flambée insupportable du prix du sac de ciment, c’est se moquer des familles. Les riverains de ses usines respirent de la poussière toxique toute l’année, mais l’industriel préfère aligner 559 écoliers pour s’offrir une vitrine publicitaire à bon marché.
Une aumône dérisoire face aux milliards engrangés
L’opération menée en ce mois de septembre 2026 à Douala 3e, Figuil et Yaoundé 3e confine au cynisme marketing. Offrir un cahier et une trousse à environ cinq cents enfants alors que le sac de ciment flirte avec les 5 000 FCFA sur le marché camerounais, ça pose question. Le coût global de ces quelques fournitures représente une goutte d’eau microscopique comparée aux bénéfices colossaux tirés de l’exploitation de nos carrières de calcaire et de pouzzolane. C’est simple. Au lieu d’investir lourdement dans de vraies infrastructures routières ou des centres de santé équipés autour de ses sites industriels, la filiale privilégie la distribution de babioles éphémères.
Pollution environnante et cherté de la vie : l’envers du décor
À Figuil comme à Bonabéri, le calvaire des populations est pourtant bien réel au quotidien. Les toitures sont constamment rongées par les rejets corrosifs, les maladies respiratoires frappent les enfants, et les routes d’accès sont massacrées par les norias de camions lourds sans qu’aucune réfection sérieuse ne soit engagée. Les directeurs d’usine ont beau multiplier les envolées lyriques devant les sous-préfets, le bât blesse sur les vraies priorités. Franchement, à quoi sert de financer quelques cartables si les parents de ces élèves restent incapables de construire une case décente à cause des tarifs prohibitifs imposés par les cimentiers ?
On attendait mieux d’un opérateur historique implanté depuis des décennies. Les belles photos de famille ne répareront ni la dégradation environnementale ni le sentiment d’abandon des communautés riveraines. Rien ne confirme à ce stade une volonté sincère de réviser sa politique sociale ou de baisser ses marges bénéficiaires pour soulager le pouvoir d’achat des Camerounais. Les discours d’autosatisfaction ne masqueront pas ce déséquilibre flagrant. C’est le moins qu’on puisse dire devant cette campagne de communication opportuniste.
La responsabilité sociétale ne se résume pas à distribuer des fournitures scolaires pour soigner son image de marque. Les Camerounais exigent du ciment abordable et le respect scrupuleux de l’environnement des riverains.
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Laurent Diby
Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: [email protected]


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