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Cette série place l’actrice dans la peau d’une narcotrafiquante repentie, cible d’un gang de tueurs. Le résultat est diablement efficace.
Passer la publicité Passer la publicitéSérie australo-britannique adaptée du best-seller de Nick Harkaway, The Price You Pay, édité sous le titre français racoleur Allez tous vous faire foutre, Kill Jackie place Catherine Zeta-Jones dans la peau de Jackie Price, ex-narcotrafiquante reconvertie dans le commerce de l’art, que son passé rattrape brusquement.
La drôle de dame va tout faire pour échapper au gang de tueurs chargé de l’éliminer. Et trouver, selon la bonne vieille règle journalistique des 5 W - « Who ? What ? Where ? When ? Why ? » -, le commanditaire du contrat. Le pitch dit tout de ces huit épisodes, entre thriller, action pure, glam rock à l’anglaise et caprice de star. Un divertissement sans prétentions véritables, qui assume ses raccourcis, ses excès, ses facilités, et n’en demeure pas moins efficace. On n’attendait pas non plus Zeta-Jones dans un rôle comme celui-là. Mais au fond, pourquoi pas ? Du haut de ses 57 ans, l’actrice donne le change façon Killing Eve, en presque aussi bien. « J’adore ce genre de personnage imprévisible, dit-elle dans une interview. Quand j’ai lu le scénario, j’ai vu une dure à cuire mais pas seulement. Quelqu’un de vulnérable aussi, inquiet, rebelle, ambitieux, dangereux, drôle. Jouer une héroïne badass à ce stade de ma carrière, je le considère comme une médaille d’honneur pour toutes les femmes de plus de 50 ans. » La question de la place offerte aux actrices quinquagénaires dans le paysage audiovisuel est récurrente.
Obsolescence programmée
Cette année encore, elle a fait l’objet de débats nourris au Festival de la fiction de La Rochelle. À raison bien sûr. Car si des changements s’opèrent, la plupart sous leur impulsion et en lien avec la montée en puissance des productrices, leur place reste marquée par une forte sous-représentation, voire une forme d’invisibilisation qualifiée de « tunnel de la comédienne de 50 ans ».
À l’heure où les acteurs se voient encore proposer une typologie riche de personnages, les actrices sont cantonnées aux seconds couteaux, femmes bafouées, profs à la retraite, grands-mères… Jackie Price, comme les héroïnes d’And Just Like That (Sarah Jessica Parker, Cynthia Nixon…), du Morning Show (Jennifer Aniston) ou de Big Little Lies (Nicole Kidman, Laura Dern…), déroge à cette obsolescence programmée. La comédienne de Traffic et d’Intolérable cruauté prend un plaisir évident, joue de la gâchette, de cet accent gallois si conforme à ses origines et d’un pouvoir de séduction qu’elle assume sans complexe.
« Jackie est à la fois très classe et très galloise, dit la comédienne. Je me suis inspirée des gens que je connais au pays de Galles. Cet accent, que j’adore, la rend à la fois sympathique, drôle et réelle. Elle a beau porter des robes griffées et des foulards Hermès, elle n’en vient pas moins d’un quartier très populaire de Swansea et s’est enrichie grâce à la drogue. » Y a-t-il quelque chose de jouissif à incarner un personnage aussi amoral ? « Absolument, répond-elle. D’autant plus qu’elle est une femme. L’immoralité et l’amoralité ne sont pas les apanages du masculin. » Dans le livre dont cette série s’inspire, l’action se déroule aux États-Unis et le personnage de Jackie est un homme. Coproductrice, Catherine Zeta-Jones en a fait une affaire de femme.


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