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Jusqu’à 16 000 élèves des comtés de Grey et de Bruce, en Ontario, pourraient se retrouver sans transport scolaire à la rentrée. Un différend contractuel entre les conseils scolaires et les transporteurs d’autobus menace plus de 300 circuits dans la région.
Le Bluewater District School Board et le Bruce-Grey Catholic District School Board tentent de conclure de nouvelles ententes avec les transporteurs. Toutefois, ils ont averti les parents lundi qu’un accord pourrait ne pas être conclu à temps pour septembre.
Selon School Bus Ontario, si aucune nouvelle entente n’est conclue d’ici vendredi, les entreprises concernées ne pourront pas planifier adéquatement leurs activités en vue de la rentrée. Au total, 308 circuits exploités par six entreprises pourraient être touchés.
Nancy Daigneault, directrice générale de School Bus Ontario, estime que la province doit intervenir rapidement afin de permettre aux transporteurs de se préparer pour septembre.
Jamais dans l’histoire du transport scolaire le gouvernement n’a attendu aussi longtemps avant de travailler avec les transporteurs sur le renouvellement de leurs contrats.
Elle soutient que, sans contrat, les entreprises ne peuvent pas effectuer les investissements ni prendre les engagements nécessaires pour préparer la rentrée scolaire.
Pour sa part, le ministère de l’Éducation affirme avoir accordé aux deux conseils scolaires des ressources supplémentaires et un financement record.
Emma Testani, attachée de presse du ministre de l’Éducation, affirme que le gouvernement s’attend à ce que les conseils scolaires, le consortium de transport et les exploitants retournent à la table de négociation afin de parvenir à une entente financièrement responsable .
Les élèves et les familles ont besoin de certitude, et toutes les parties concernées devraient se concentrer sur la conclusion d’une entente qui permette de maintenir un transport scolaire sécuritaire et fiable.
En Ontario, le financement du transport scolaire est versé par la province aux conseils scolaires, qui négocient ensuite des contrats avec des entreprises privées pour assurer le service.
Des coûts en forte hausse
School Bus Ontario affirme que les entreprises ont augmenté les salaires jusqu’à 30 % pendant la durée des contrats actuels, tout en absorbant d’autres hausses des coûts de main-d’œuvre.
Selon Mme Daigneault, le prix des autobus et des pièces de remplacement a également augmenté de 50 à 71 %, notamment en raison de l’inflation, des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement et des droits de douane.
L’incertitude entourant les contrats pourrait aussi compliquer davantage le recrutement et la rétention des chauffeurs, prévient Steve Tiffin, propriétaire de Tiffin Transportation Services, qui exerce ses activités dans la région de Grey-Bruce.

Le Fonds pour le transport des élèves de l’Ontario comprend notamment une enveloppe destinée aux primes pour le recrutement et le maintien en poste des chauffeurs, selon le ministère de l’Éducation. (Photo d’archives)
Photo : Getty Images / Martine Doucet
Selon lui, l’industrie connaît déjà un taux de roulement annuel d’environ 30 % chez les chauffeurs et l’incertitude entourant la rentrée pourrait pousser certains d’entre eux à chercher du travail ailleurs.
Il estime que les nouvelles ententes doivent aussi refléter l’augmentation des dépenses auxquelles font face les transporteurs.
Toutes les familles de l’Ontario savent que le coût de la vie a considérablement augmenté au cours des dernières années. Nous avons simplement besoin de contrats qui tiennent compte de cette réalité afin de pouvoir continuer à offrir le service de transport scolaire sécuritaire et fiable sur lequel comptent les élèves et les familles , affirme-t-il.
Au-delà des négociations, School Bus Ontario soutient que l’absence d’une entente aurait des conséquences directes sur le quotidien des familles, notamment sur leur routine matinale, le travail des parents et la sécurité des enfants.
Les familles ne se préoccupent pas des négociations contractuelles. Elles veulent savoir si l’autobus sera là en septembre.
À quelques semaines de la rentrée, les négociations se poursuivent donc avec une échéance immédiate : selon School Bus Ontario, une nouvelle entente doit être conclue d’ici vendredi pour que les six transporteurs concernés puissent planifier leurs circuits et être prêts pour le premier jour de classe.
Avec les informations de Kate Dubinski de CBC


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