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Par Le Figaro avec AFP
Le 12 mars 2026 à 07h37

Entre rationnement envisagé en Nouvelle‑Zélande et assouplissement des normes en Australie, Wellington et Canberra cherchent la parade au choc énergétique provoqué par la guerre au Moyen‑Orient.
Passer la publicité Passer la publicitéFace au blocage du détroit d’Ormuz, faut-il restreindre l’utilisation de la voiture pour tenir le coup ? Les autorités néo-zélandaises ont déclaré jeudi envisager de recourir à des lois vieilles de plusieurs décennies restreignant l'utilisation des véhicules, si les réserves de carburant diminuaient en raison de la guerre au Moyen-Orient. Selon la ministre des Finances, Nicola Willis, des discussions se sont tenues sur la possibilité de recourir à des lois obligeant les propriétaires de voitures à désigner un jour par semaine au cours duquel ils n’utilisent pas leur véhicule.
Elles permettent également au gouvernement d’autoriser la vente de coupons pour restreindre l’utilisation du carburant. La guerre déclenchée le 28 février dernier par des frappes israélo-américaines sur l’Iran a provoqué la fermeture de facto du détroit d’Ormuz, par lequel transite, en temps de paix, un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Les «journées sans voiture» ont déjà été en vigueur de juillet 1979 à mai 1980, après la révolution iranienne.
La Nouvelle-Zélande dépend fortement des importations pour son approvisionnement en carburant. Le prix moyen de l'essence y a augmenté de près de 10% depuis le début de la guerre, et celui du diesel de plus de 20%, selon l'observatoire des prix Gaspy. Ces annonces interviennent au moment où les prix du pétrole ont de nouveau dépassé les 100 dollars le baril jeudi. La compagnie aérienne nationale néo-zélandaise a déjà annoncé annuler 1100 vols au cours des deux prochains mois, invoquant les prix du kérosène.
Assouplir les normes plutôt que rationner la ressource côté australien
Non loin de là, l’Australie, elle, préfère assouplir ses normes sur les carburants pour renforcer l’offre. Pour permettre l’injection de quelque 200 millions de litres sur le marché intérieur durant les deux prochains mois, le pays va autoriser temporairement «des niveaux de soufre plus élevés pour les 60 prochains jours», a indiqué le ministre de l’Energie, Chris Bowen, dans un communiqué. Les teneurs en soufre sont d’ordinaire soumises à une réglementation pour limiter la pollution de l’air.
«Cela permettra d’ajouter quelque 100 nouveaux millions de litres par mois à l’approvisionnement intérieur australien en essence, qui auraient autrement été exportés», a exposé M. Bowen. L’entreprise pétrolière Ampol a accepté de diriger ces litres vers les régions du pays en situation de pénurie et vers le marché de gros pour fournir en priorité les agriculteurs, les pêcheurs et les collectivités locales, a exposé le ministre.
Le pays australien, très dépendant aux importations de pétrole, connaît un bond des prix des carburants depuis le début de la guerre au Moyen-Orient le 28 février. Le gouvernement a reproché aux détaillants de faire grimper les prix de manière abusive. D’après le Trésorier d’Australie, Jim Chalmers, le ministre responsable du budget de l’Etat fédéral, le pays dispose d’«assez de carburant», mais il existe des problèmes d’approvisionnement, en particulier dans les zones rurales. Les 32 pays de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), parmi lesquels figure l’Australie, ont annoncé mercredi un effort conjoint inédit pour mettre sur le marché 400 millions de barils. Canberra a précisé que sa contribution se focaliserait sur son marché intérieur.


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