La rhapsodie sicilienne de Jeanne Balibar. Le soleil vous envoûte sur la terrasse du Théâtre de Vidy à Lausanne. Il parade comme à Palerme, c’est jour de fête et de tendresse. Dans son t-shirt blanc, la comédienne a un air de gamine. Mais en vérité, l’heure n’est pas au farniente. On est à la veille de la première d’En Sicile (Editions Nous), texte en forme de fugue de l’écrivaine Juliette Blamont, qui a choisi, il y a une dizaine d’années, de vivre sur l’île de Luigi Pirandello. Une amie de toujours, souffle l’interprète.
L’amitié comme étoile du berger. Comme salut aussi, quand tout autour de soi chavire. Jeanne Balibar ne joue pas seulement ce monologue aux mille et uns parfums – celui du chèvrefeuille, des oliviers dans le vent, de la pinède, de la laine – de Juliette Blamont, elle le met en scène, comme on coud des habits de maquis. Une première ou presque pour une interprète pour qui chaque rôle est une manière de se désaxer. Il fallait la voir, en 2019 à Vidy, en proie à une passion racinienne qui devenait bestiale dans l’hallucinant Bajazet – En considérant Le Théâtre et la peste, monté par Frank Castorf.


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