Du trajet en métro qui la ramène du cabinet vétérinaire où elle venait de faire euthanasier son chat, Laure Gouraige se souvient surtout d’une vision, obsédante et insoutenable: le panier vide entre ses jambes, là où Umbra, 18 ans, reposait quelques heures plus tôt. La piqûre mettait fin à deux ans de déclin – arthrose, problèmes cardiaques, surdité – rythmés par des soins quotidiens et contraignants: «Je ne partais plus en week-end, je traquais le moindre symptôme», se souvient l’autrice française. En cette rentrée littéraire, elle publie Grave (Les Intranquilles), un récit dédié à cet amour félin et à la douleur de sa perte.
Dans ce long tunnel palliatif, Laure Gouraige avait fini par poser la question à sa vétérinaire: à quel moment ces protocoles relevaient-ils de l’acharnement? Le faisait-elle pour le bien de son animal ou plus égoïstement pour elle-même? «Le jour venu, vous saurez», s’était-elle entendu répondre.


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