Les dépêches de l’agence officielle russe Tass ressemblent de plus en plus à un simple bulletin de guerre. A deux reprises ces derniers jours, le Kremlin a menacé les ambassades et diplomates étrangers en poste à Kiev. Ils sont invités à quitter le pays en raison de l’intensification de l’«opération spéciale», c’est-à-dire des bombardements contre les infrastructures civiles de la capitale russe. A chaque fois, les Suisses sont spécifiquement désignés, aux côtés des Américains, des Britanniques, des Européens et des Norvégiens.
Prend-on ces menaces au sérieux à Berne? «La Suisse a pris bonne note de l’avertissement russe, indique au Temps le Département fédéral des affaires étrangères. Elle rappelle l’obligation de respecter le droit international, y compris la Convention de Vienne et le droit international humanitaire.» En clair, les déclarations russes sont en contradiction avec le droit régissant la protection des ambassades et de leur personnel ainsi que le droit de la guerre. Arrivée le 1er septembre à Kiev pour occuper son nouveau poste d’ambassadrice de Suisse, Heidi Grau n’a pas l’intention de faire ses valises dans l’immédiat. Mais la question se pose au quotidien en fonction de l’intensification des attaques russes.


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