Le cinéma a souvent parlé… de cinéma. Du chef-d’œuvre Boulevard du crépuscule (Billy Wilder, 1950), sur une star du muet déchue, au récent L’Etre aimé (Rodrigo Sorogoyen, 2026), sur un réalisateur et sa fille actrice tentant de retisser des liens durant un tournage, légion sont les films autoréflexifs. Dévoilée en août dernier au Locarno Film Festival, Ni vue, ni connue est de son côté une comédie grinçante mettant en scène une éternelle figurante, une comédienne qui n’a pas eu la carrière dont elle méritait, et qui dès lors hante les tournages en distribuant ses CV et en harcelant les stars.
L’atout majeur de ce film, en marge de ce qu’il dévoile des coulisses de la fabrique du cinéma, est la présence de deux grandes actrices qui prennent un plaisir communicatif à incarner une femme que personne ne voit et une autre qui a tout le monde à ses pieds. La première, c’est Isabelle Huppert, qui est Corinne Maclou, une comédienne jadis remarquée sur les planches mais qui – même si elle lit La Construction du personnage de Stanislavski entre deux prises – n’a jamais percé au cinéma. La seconde, c’est Sandrine Kiberlain – qui joue Sandrine Kiberlain, une vedette consciente de son statut et que son autosuffisance a enfermé dans une certaine solitude. On croisera aussi, dans leurs propres rôles, Anne Marivin, Emmanuelle Bercot, Diane Kruger et Ana Girardot.


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