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À la fin des années 1980, Peugeot s’est déjà reconstruit autour de la 205, de la 309, puis de la 405 qui arrive au bon moment pour incarner le retour en force du Lion.
Le Lion est tiré d'affaires après être passé tout prêt de la faillite au début des années 80. Pour compléter la gamme vers le haut et s’attaquer enfin aux allemands, Peugeot s’apprête à sortir la 605. Peugeot va mieux, Peugeot a de l’ambition et l’entreprise compte bien le montrer.
C’est dans ce contexte que s’inscrivent les concepts Quasar et Proxima. Mais le Lion veut aller plus loin et carrément croquer de la Ferrari!
Plus qu’un concept-car
L’Oxia naît au centre de recherche de La Garenne, dans une logique qui n’a rien d’un simple exercice de style. Peugeot veut un prototype roulant, capable de démontrer des solutions concrètes en matière d’aérodynamique, de matériaux, de transmission et de hautes performances.
La voiture est pensée comme une vitrine technologique autant que comme une image de marque. Le nom lui-même participe à cette dimension presque scientifique et spatiale : Oxia renvoie à Oxia Palus, une région de Mars. Le message est clair, Peugeot annonce une machine venue de l’espace.
Atomiser la F40
L’année précédente, Ferrari a présenté la F40, bestiale et puissante. L’heure est aux supercars. Si les autres constructeurs généralistes se contentent de concevoir des maquettes de salons, Peugeot veut faire une vraie voiture, capable de rouler vite sur circuit.
La voiture est basse, large, tendue, musclée et n’a peur de personne.
La plus belle de toutes les Peugeot ?
La carrosserie de l’Oxia est réalisée en interne, sous la houlette de Gérard Welter, patron du design Peugeot. On ignore qui a réellement dessiné la voiture, Welter ayant l’habitude de s’attribuer et de signer les dessins des petites mains de la maison.
Pour l’habitacle, plusieurs sources attribuent l’aménagement à Paul Bracq, autre grand patron du dessin automobile, ce qui donne à l’ensemble une vraie légitimité stylistique. L’Oxia est réalisée par de grands noms, ayant l’habitude d’étudier des voitures de série.
Ce qui donne à ce concept-car un côté très sérieux dans la réalisation. L’Oxia réalisait l’exploit de faire rêver avec ses lignes et ses performances hors du commun mais aurait pu intégrer la gamme Peugeot sans grosse modification.
Une vraie Peugeot
La voiture impressionne par sa silhouette très basse, son capot plongeant, sa poupe ramassée et sa surface vitrée réduite. Les proportions sont éloquentes : 4,61 m de long, 2,02 m de large et seulement 1,13 m de haut. L’empattement atteint 2,80 m.
Pourtant on l’identifie tout de suite comme une Peugeot. Les designers ne sont pas tombés dans le piège qui aurait consisté à copier les italiennes de l’époque.
L’Oxia est une Peugeot, et on retrouve même le langage propre aux Lionnes de la fin des années 1980, avec des clins d’œil à la 405 dans le traitement de la lumière et des volumes, les feux avant et arrière et même la calandre de la marque.
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Une fiche technique impressionnante
Sous sa carrosserie en carbone-kevlar, l’Oxia cache une architecture tout aussi ambitieuse. Le châssis est en alliage d’aluminium, rare à l’époque. Côté moteur, on fait appel au bon vieux V6 PRV.
Ce moteur “de Monsieur tout le monde” est présent sur la nouvelle 605 qui arrive et crée une filiation entre la série et le concept. Mais dans l’Oxia, le bloc de 2,8 litres reçoit un double turbo et donne 680 ch et 726 Nm de couple.
La Ferrari F40, voiture la plus performante de son époque, reçoit un V8 biturbo de 2,9 litres et développe 478 chevaux. La transmission est confiée à une boîte manuelle à six rapports, avec embrayage à double disque, tandis que l’auto reçoit une transmission intégrale et des roues arrière directrices.
L’ensemble est complété par des différentiels autobloquants, des suspensions à double triangles et des freins ventilés sur les quatre roues. L’Oxia reçoit ce qui se fait de mieux en matière de châssis.
Des performances folles
Les pneus Michelin sont particulièrement larges, avec des dimensions qui traduisent l’ambition de l’engin : 235/45 ZR17 à l’avant et 285/40 ZR17 à l’arrière. Sur le papier, Peugeot annonce 300 km/h.
Mais la légende de l’Oxia vient aussi de ses essais : plusieurs sources évoquent une vitesse mesurée autour de 349 à 350 km/h, ce qui en faisait une machine absolument sidérante pour son époque.
Peu importe finalement la vitesse de pointe, tous ceux qui en ont pris le volant l’assurent : cette Oxia proposait un niveau de performance jamais vu sur une française et un produit très abouti.
Une présentation choc
À sa présentation, l’Oxia provoque un réel effet de surprise. Les journalistes découvrent une Peugeot qui ne se contente plus de parler design ou innovation à travers des berlines de série, mais qui franchit un cap symbolique.
La voiture est d’autant plus marquante qu’elle n’est pas figée sur un plateau : elle roule, elle fonctionne, elle donne le sentiment qu’un constructeur français a réellement voulu mettre au point une supercar crédible.
Dans une époque dominée par les Ferrari, Lamborghini, Porsche ou Jaguar de haut niveau, voir Peugeot s’aventurer sur ce terrain a quelque chose de presque irréel.
L’accueil du public est à la hauteur de l’objet. L’Oxia fascine d’abord par son allure, ensuite par ses chiffres, enfin par ce qu’elle représente. Elle incarne cette part d’audace que le grand public associe rarement aux marques généralistes. Et pourtant, c’est bien Peugeot qui signe là l’un de ses concepts les plus mémorables.
Mondial de l’automobile 1988
C’est au salon de Paris que Peugeot présente l’Oxia au public, après des essais presse sur le circuit de Belchamp. Le prototype Peugeot sera le plus marquant du salon.
Malgré cet immense succès populaire, et les retombées médiatiques, la Peugeot Oxia ne sera jamais produite en série et n’aura aucune suite industrielle.
Deux exemplaires seront construits dont l'un est conservé aujourd’hui au Musée de l’Aventure Peugeot.


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