9 marches au départ, 23 aujourd’hui. Selon Wikipédia, 14 marches ont été ajoutées au pied du monument à cause de l’affaissement du sol, un problème chronique à Mexico. La colonne de l’Ange de l’Indépendance, elle, mesure toujours 36 m.
Porfirio Díaz l’inaugure le 16 septembre 1910, pour le centenaire de l’indépendance.
À retenir
- L’escalier de l’Ange compte 23 marches aujourd’hui contre 9 en 1910.
- Mexico est bâtie sur l’ancien lac Texcoco, asséché et compacté.
- Le sol du centre-ville descend de 1 à 9 centimètres par an selon les travaux de Cigna et Tapete.
- Le pompage de la nappe fournit environ 60 % de l’eau potable de la ville.
Sommaire
Un lac asséché sous 22 millions d’habitants
Mexico est bâtie sur l’ancien lac Texcoco. Ce lac s’est comblé de limon au XVIIe siècle, après que les conquistadors espagnols ont commencé à le drainer. Depuis, le poids du développement urbain tasse ce limon de plus en plus serré, et le sol se contracte et s’enfonce. Sur cette argile vivent aujourd’hui environ 22 millions de personnes.
La NASA décrit le mécanisme ainsi : le pompage des eaux souterraines a provoqué la compaction du fond sec de l’ancien lac sur lequel la ville a été construite. Les scientifiques ne s’accordent pas tous sur la part exacte du pompage, car certains chercheurs jugent que le déclencheur principal est la compaction à long terme du lit lacustre.
Quand l’Ange sort de terre, le sol bougeait déjà. D’après un rapport des Académies nationales américaines, le pompage de la nappe superficielle avait commencé dans la seconde moitié du XIXe siècle, et l’affaissement atteignait en moyenne 5 centimètres par an dès 1895. Soit 15 ans avant l’inauguration.
Ce que disent les mesures
De 1948 à 1953, des puits plus profonds et un pompage accru ont fait plonger certains secteurs jusqu’à 46 centimètres par an, et dès 1950 il a fallu bâtir des digues pour contenir les eaux pluviales. Un ingénieur avait documenté le problème dès 1925, et dans les années 1990 et 2000 des parties de l’agglomération s’affaissaient d’environ 35 centimètres par an, ce qui a endommagé le métro.
Sur un siècle, le bilan est lourd. Selon l’autorité des eaux de la vallée de Mexico, l’affaissement net a abaissé la zone centrale urbanisée de 7,5 mètres en moyenne. Plus récemment, le satellite NISAR, lancé en juillet 2025 par la NASA et l’agence spatiale indienne, a observé la ville entre octobre 2025 et janvier 2026. À l’aéroport principal comme au pied de l’Ange, le sol descend en moyenne de 2 centimètres par mois, soit environ 24 centimètres par an.
L’Ange figure parmi les repères cités par la NASA.
Faisons le calcul. Sur les 23 marches actuelles, 14 n’existaient pas en 1910, soit environ 61 % de l’escalier. Étalées sur 116 ans, elles représentent en moyenne une marche tous les 8 ans, mais cette moyenne est purement arithmétique : les dates précises des ajouts ne figurent pas dans les sources consultées. Quant à la colonne, sa structure en acier est recouverte de pierre de carrière, ornée de guirlandes, de palmes et d’anneaux portant les noms de figures de l’Indépendance.
Le chiffre de 50 centimètres par an, souvent cité, est à manier avec prudence. Il correspond à un pic mesuré dans l’ancien lit du lac, à l’est de la ville, alors que dans le centre historique les travaux de Cigna et Tapete donnent plutôt 1 à 9 centimètres par an.
Une ville qui pèse sur son propre sol
La nappe n’est pas un luxe pour Mexico. Elle fournit environ 60 % de l’eau potable de la ville. Ce surpompage contribue aussi à une crise de l’eau chronique, avec un risque de « jour zéro » où les robinets s’assécheraient. À cela s’ajoute l’urbanisation, car les nouvelles infrastructures alourdissent un sol argileux.
L’enfoncement ne se fait pas d’un bloc. De petites différences d’altitude, accumulées pendant des décennies, ont fracturé routes, immeubles et canalisations. Une étude sur le métro précise que l’affaissement est différentiel, en particulier dans les zones de transition entre roches volcaniques stables et sédiments très compressibles.
Le monument n’en reste pas moins un point d’ancrage de la capitale. Dans la colonne, un escalier de 200 marches mène à un belvédère au-dessus de la ville. Il est l’œuvre de plusieurs architectes, dont Antonio Rivas Mercado, et il suit le style d’une colonne corinthienne de la Victoire.
Le séisme du 28 juillet 1957 a fait chuter la Victoire ailée, brisée en plusieurs morceaux, et le monument n’a rouvert que le 16 septembre 1958. Celui du 19 septembre 1985 a endommagé les escaliers et les reliefs, sans toucher à l’Ange.
Sources : skyatnightmagazine.com | thenews.com.pk


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