NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
À 24 ans, Mustafa Zeboon est le plus jeune des 12 candidats à la mairie de London. Alors qu’il mise notamment sur les réseaux sociaux pour rejoindre les électeurs de sa génération, sa candidature soulève une question plus large à l’approche des élections municipales du 26 octobre : quelle place les jeunes occupent-ils dans la politique municipale ?
La présence d’un candidat de son âge dans une course à la mairie demeure peu commune. Pour Mustafa Zeboon, elle représente aussi une occasion de rejoindre une génération qui, selon lui, ne se reconnaît pas toujours dans les personnes qui occupent les postes de pouvoir.
Je pense que l’époque où les personnes plus âgées décidaient de ce que veulent les jeunes est révolue. Je suis ici pour dire ce que veulent les jeunes.
Pour tenter de les rejoindre, le candidat privilégie notamment les réseaux sociaux. Sur TikTok et Instagram, il diffuse de courtes vidéos conçues pour attirer l’attention avant d’aborder différents enjeux municipaux. L’une des vidéos publiées au lancement de sa campagne a dépassé les 500 000 visionnements.
M. Zeboon pense que ces plateformes lui permettent de s’adresser directement aux électeurs, particulièrement à ceux de sa génération. L’attention est une monnaie , résume-t-il.
Cette volonté de rejoindre les jeunes se heurte toutefois à une tendance bien établie : les jeunes électeurs sont généralement moins nombreux que leurs aînés à exercer leur droit de vote.
Une participation plus faible chez les jeunes
Cette tendance s’observe notamment à l’échelle fédérale. Lors des élections de 2025, 55,9 % des électeurs admissibles âgés de 18 à 24 ans ont exercé leur droit de vote, comparativement à 59,6 % chez les 25 à 34 ans. La participation augmentait ensuite avec l’âge pour atteindre 77,6 % chez les 65 à 74 ans.
Chez les plus jeunes, la participation avait néanmoins connu un rebond important par rapport aux élections fédérales précédentes. En 2021, 46,7 % des 18 à 24 ans avaient voté, soit environ neuf points de pourcentage de moins qu’en 2025.
En Ontario, les données provinciales ne permettent pas d’établir la même comparaison selon l’âge. Elles montrent toutefois une faible participation générale aux derniers scrutins. En 2025, 45,22 % des électeurs ont voté, contre 44,06 % en 2022. En 2018, le taux atteignait 56,67 %.

La participation aux élections provinciales ontariennes n’a pas atteint 60 % depuis 1995. Elle dépassait encore 60 % lors de trois scrutins consécutifs entre 1987 et 1995. (Photo d’archives)
Photo : Michael Wilson / CBC
À l’échelle municipale, les données selon l’âge ne sont pas publiées uniformément d’une municipalité à l’autre. Celles de LaSalle, dans le comté d’Essex, donnent toutefois un aperçu de l’écart entre les générations lors du scrutin de 2022.
Seulement, 17,67 % des électeurs âgés de 20 à 29 ans y avaient voté.
Le taux était de 17,37 % chez les 30 à 39 ans, avant d’augmenter progressivement pour atteindre 39,76 % chez les 60 à 69 ans et 45,17 % chez les 70 à 79 ans.
Au total, le taux de participation à LaSalle s’était établi à 30,13 %.
Mais cette plus faible présence des jeunes aux urnes signifie-t-elle pour autant qu’ils se désintéressent de la politique?
Des jeunes plus axés sur les enjeux
Pour Ash Montgomery, directrice des communications de L’Apathie c’est plate, la réponse est non.
L’organisme non partisan travaille à favoriser la participation des jeunes à la démocratie canadienne, notamment en leur fournissant de l’information sur les élections et en rendant la politique plus accessible. Fondé en 2004, il cherche depuis ses débuts à combattre l’idée selon laquelle les jeunes seraient simplement apathiques face à la politique.
Les jeunes ne sont pas apathiques. Ils sont davantage axés sur les enjeux.
Le logement, le coût de la vie et les changements climatiques font notamment partie des préoccupations qui mobilisent les jeunes. Le défi, selon Mme Montgomery, est qu’ils ne font pas toujours le lien entre ces enjeux et les décisions prises par les différents ordres de gouvernement.
Ce décalage prend une importance particulière à l’échelle municipale. Plusieurs enjeux qui touchent directement le quotidien des jeunes relèvent, au moins en partie, des décisions prises à l’hôtel de ville.
Si vous demandez à un jeune ce qu’il pense de son loyer, des pistes cyclables ou de la vie nocturne dans sa ville, vous obtiendrez probablement une réponse passionnée , explique-t-elle.
L’engagement politique des jeunes ne se manifeste toutefois pas seulement dans les enjeux qui les mobilisent ou dans leur participation comme électeurs.
Mme Montgomery dit aussi observer des signes encourageants chez ceux qui choisissent eux-mêmes de se porter candidats. Elle cite notamment l’élection de plusieurs membres de la génération Z à la Chambre des communes lors du scrutin fédéral de 2025.

Plusieurs membres de la génération Z ont fait leur entrée à la Chambre des communes à la suite des élections fédérales de 2025. (Photo d’archives)
Photo : The Canadian Press / Adrian Wyld
Malgré cette participation sous différentes formes, le rôle des administrations locales et leur influence ne sont pas toujours bien compris par la population.
Le gouvernement local peut parfois sembler invisible , souligne Mme Montgomery. Selon elle, plusieurs personnes ne savent pas nécessairement qui sont leur maire ou leurs conseillers municipaux ni comment les décisions sont prises à l’hôtel de ville.
Ce manque de visibilité peut représenter un obstacle supplémentaire pour les jeunes électeurs, qui sont souvent moins présents aux urnes.
Pour L’Apathie c’est plate, l’enjeu consiste donc moins à convaincre les jeunes de s’intéresser à la politique qu’à leur montrer comment les préoccupations qu’ils ont déjà peuvent être liées aux décisions politiques, notamment à l’échelle municipale.
Reste alors à trouver les moyens de créer ce lien et de rejoindre les jeunes là où ils s’informent.
Les réseaux sociaux pour créer le lien?
Les réseaux sociaux peuvent justement contribuer à rapprocher les jeunes de la politique, estime Ash Montgomery.
Pour plusieurs d’entre eux, ces plateformes constituent aujourd’hui l’un des premiers endroits où ils sont exposés à de l’information politique.
Ils permettent notamment aux candidats et aux élus de s’adresser directement à la population, sans passer par les moyens de communication traditionnels, et peuvent ainsi contribuer à rendre la politique plus accessible auprès d’un public qui s’informe déjà en ligne.

Les jeunes peuvent s’engager d’abord autour d’un enjeu qui les préoccupe sans nécessairement considérer cette implication comme politique, souligne Ash Montgomery.
Photo : Reuters / Christian Mang
C’est notamment le pari que fait Mustafa Zeboon à London, où les réseaux sociaux occupent une place centrale dans sa stratégie pour rejoindre les électeurs de sa génération.
Mais Ash Montgomery prévient que cette façon de s’informer comporte aussi des risques. Les algorithmes peuvent notamment amplifier la désinformation ou enfermer les utilisateurs dans des bulles où ils sont exposés à certains contenus au détriment d’autres.
Et surtout, attirer l’attention d’un électeur sur son téléphone ne garantit pas qu’il se présentera aux urnes.
L’engagement en ligne est évidemment plus fort lorsqu’il est jumelé à une forme d’action hors ligne.
Selon elle, aimer une publication ou regarder une vidéo politique ne constitue qu’une première étape.
L’objectif est que cet intérêt puisse mener à d’autres formes de participation, qu’il s’agisse de discuter de politique avec son entourage, de participer à un événement communautaire, de s’inscrire pour voter ou, ultimement, d’exercer son droit de vote.
À l’approche du scrutin du 26 octobre, le défi ne sera donc pas seulement de capter l’attention des jeunes, mais de transformer leur intérêt pour les enjeux qui les touchent en participation politique, jusque dans les urnes.


1 week_ago
30



























.jpg)






French (CA)