Baudric Mukuku connaît le nom et les vertus de chaque plante de la République démocratique du Congo. Au milieu des allées grouillantes du marché de Gambela, à Kinshasa, le vendeur présente les feuilles et les racines entassées sur son étal. «Ça, c’est du «Boma Mama»: si vous mâchez ces tiges, vous serez excité dans une heure!», promet le vendeur, en croquant à pleines dents dans une longue racine à la forme étrange. En lingala, la langue nationale, son nom signifie littéralement: tue la maman. A côté, une plante s’appelle «Kita mata». Traduction: monter et descendre. «C’est pour augmenter la taille du pénis», clame ce tradipraticien. Dans ce vaste pays d’Afrique centrale, une grande partie de la population a recours à ces guérisseurs traditionnels, dont la profession est reconnue par l’État, pour se soigner, faute d’accès à des infrastructures de santé.
Boissons énergisantes, noix à croquer, comprimés… Dans la capitale, les produits censés stimuler la libido ont la cote. Au fil des rues, à la pharmacie et même dans certains supermarchés, il est possible de s’en procurer sans ordonnance, à tous les prix. Qu’ils s’appellent «Bazooka», «AK47» ou encore «Trouer la culotte»… Les vendeurs rivalisent d’imagination pour appâter leurs clients en quête de performance sexuelle.


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