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Ouvert en 1994, ce musée expose des dizaines de toiles sur lesquelles les artistes ont échoué quelque part. Ses directeurs revendiquent une vraie tendresse pour ces œuvres sincères et soulèvent des questions philosophiques sur notre rapport à l’art.
Sous le tableau accroché à un mur en tôle, dans l’escalier étriqué qui mène sur le toit d’une brasserie artisanale dans le sud de Boston, un petit cartel présente les mots de son artiste, Martin Bocxe : « J’ai peint cette toile à mon retour d’Europe, après avoir visité certains des plus beaux musées du monde dont je n’ai apparemment rien retenu… » L’homme explique avoir voulu peindre son autoportrait dans l’appartement de son patron de l’époque chez qui il louait temporairement une chambre, en Australie.
« À ma grande surprise, il a été incarcéré pour fraude peu après l’achèvement de ce tableau et j’ai été contraint de trouver un autre logement, poursuit le texte. Je n’ai jamais peint d’autre portrait, donc… c’est ma plus belle œuvre. » Intitulée Autoportrait bleu avec télévision, elle fait partie des dizaines que propose le Museum of Bad Art, littéralement « le musée de l’art mauvais ». Un établissement qui porte en réalité assez mal son nom.
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