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VIDÉO - L’un après l’autre, l’éditorialiste et l’humoriste de la station du service public se sont payé le patron du groupe Vivendi à l’origine du limogeage d’Olivier Nora de la maison Grasset, qui émeut le monde de l’édition.
Passer la publicité Passer la publicitéCe lundi matin, à l’écoute de la matinale de France Inter, on aurait pu croire à une spéciale Vincent Bolloré . Patrick Cohen et Bertrand Chameroy, dont les billets d’humeur s’enchaînent entre 7 h 45 et 8 heures, se sont tous les deux consacrés à l’homme d’affaires, à l’origine du départ d’Olivier Nora, à la tête de Grasset. Dimanche, dans le JDD, le Breton s’est exprimé dans les pages Enquêtes pour justifier sa décision, dévoilant au passage la rémunération de l’ancien directeur de la maison d’édition, à hauteur d’un million d’euros par an.
Patrick Cohen note que Vincent Bolloré «a déboulé en page 6 sans titre ni fonction, avec sa photo géante façon Staline à la Une de L’Huma», occupant «2/3 de page, soit le double de celle de la grande disparue du jour, Nathalie Baye reléguée page 39». Le chroniqueur de «C à Vous» n’a pas été surpris que le salaire annuel d’Olivier Nora ait été révélé. «Bolloré avait usé de la même méthode il y a dix ans à Canal+ en balançant les salaires des auteurs des “Guignols” au moment de leur couper la tête», rappelle Patrick Cohen dans son édito avant de résumer : «Le plus vorace des prédateurs, le plus violent des démolisseurs est aussi le plus prévisible».
Pour l’ancien animateur de la matinale de France Inter et Europe 1, Vincent Bolloré «n’a aucune limite. Aucune inhibition chez lui. La bataille idéologique prime toujours sur la rationalité économique. Les salariés de Canal+ puis d’Europe 1, du JDD, puis les auteurs Fayard avant ceux de Grasset ont tous espéré échappé au laminoir, ils se sont crus protégés à tort», estime-t-il encore avant de piquer le monde du cinéma français qui reste «mutique de peur de se voir priver de financement». Canal+, qui contribue largement au financement du 7e art, fait en effet partie du giron Vivendi.
Jusqu’ici il écrivait sous différents pseudos : Pascal Praud, Gauthier Le Bret, Eliot Deval...
Bertrand Chameroy sur Vincent BolloréRebelote quelques secondes plus tard, à travers la chronique de Bertrand Chameroy, autre chroniqueur de «C à Vous», préoccupé par le même sujet. «Jusqu’ici il écrivait sous différents pseudos : Pascal Praud, Gauthier Le Bret, Eliot Deval. Hier, révolution : Vincent Bolloré a décidé d’arrêter de tenir le stylo pour s’en saisir lui-même», ironise le sniper qui qualifie ce texte de «communiqué présenté comme une enquête». «Une pleine page sur laquelle la photo du déménageur breton et le titre prennent plus de place que la situation chez Grasset», souligne le trentenaire avant de résumer, à sa manière, l’article : «Ce n’est pas quatre con****s à Saint-Germain-des-Prés qui se croient au-dessus de tout qui vont m’emmerder. Si Nora a sauté c’est qu’il coûtait trop cher et qu’il ne voulait pas publier le livre de Boualem Sansal à la date prévue dans MON calendrier. Il a commis un crime de lèse-moi-même». Deux chroniques qui ne seront pas contrebalancées, plus tard, par un avis contradictoire. À 9 h 45, pour sa chronique humoristique, Charline Vanhoenacker en remettra même une couche.
Patrick Cohen et Bertrand Chameroy partagent un autre point commun que celui de participer chaque soir de la semaine au talk-show de France 5 présenté par Anne-Élisabeth Lemoine : ils ont tous les deux quitté Europe 1 à l’été 2021 après l’arrivée de Vincent Bolloré en tant qu’actionnaire. Un mois avant, Bertrand Chameroy avait même livré une chronique salée à l’encontre du milliardaire qui avait accéléré son départ.


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