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Un résident de Québec a reconnu avoir filmé son ex-conjointe et la fille de celle-ci dans leur plus stricte intimité durant plusieurs années, avant de partager massivement les images sur des sites pornographiques.
C'est la fille qui a eu le choc de découvrir qu'elle et sa mère étaient exposées sur le web. L'identité des victimes étant protégée, le nom de l'accusé, dans la quarantaine, ne peut être dévoilé.
Ce dernier a plaidé coupable mercredi au palais de justice de Québec à des accusations de voyeurisme et d'avoir rendu accessibles des images intimes sans le consentement des victimes.

La belle-fille a découvert avec horreur des images d'elle et de sa mère sur des sites pornographiques. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Son stratagème a été mis au jour au printemps 2024 lorsqu'un inconnu a contacté la belle-fille sur Facebook pour l'informer qu'une vidéo d'elle était disponible sur un site pour adultes. En cliquant sur le lien, la jeune femme a découvert des vidéos d'elle, nue, filmées à son insu pendant plus de quatre ans.
Sur les images, elle a immédiatement reconnu les salles de bain des domiciles où elle a habité pendant que le voyeur vivait avec sa mère.
En explorant le site, elle a eu le choc de trouver des vidéos de sa mère en train de s'adonner à des activités sexuelles avec l'accusé. Il semble y avoir plusieurs caméras qui permettent de voir, sous différents angles, le lit, précise l'exposé conjoint des faits, lu à la Cour par la procureure de la poursuite, Me Valérie Simard-Croteau.

Me Valérie Simard-Croteau représente le DPCP dans ce dossier. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
La mère a confirmé aux policiers n'avoir jamais consenti à ce que leurs ébats soient filmés.
Sa fille a recensé au moins six sites internet où ses images et celles de sa mère étaient diffusées.
Des milliers de fichiers illicites
Alerté, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) a déclenché une enquête menant à une perquisition au domicile du suspect à l'été 2024. Les enquêteurs y ont saisi 14 appareils informatiques, ainsi que 17 comprimés de méthamphétamine.
L'analyse des appareils a révélé la collection d'images captées par le voyeur. Les policiers ont trouvé des milliers de fichiers illicites. Dans le cas des vidéos, la preuve fait état de 284 fichiers montrant la belle-fille et de 482 fichiers concernant la mère.
L'enquête a également permis de découvrir que l'homme utilisait un service de stockage infonuagique par lequel il partageait ses dossiers avec d'autres utilisateurs.
Conseils pour voyeurs
Les conversations extraites par les policiers montrent que l'accusé ne se contentait pas de partager ses vidéos. Selon le résumé des faits, il conseillait longuement et en détail d’autres individus sur l’installation de caméras cachées, sur l’achat d’applications pour filmer des gens à leur insu [et] sur le mode d’emploi pour prendre possession d’une caméra de cellulaire à distance.
L'homme commentait de manière dégradante et obscène les activités sexuelles des victimes et proposait à d'autres utilisateurs de visionner les enregistrements. Il a averti l'un d'eux que, s'il se faisait prendre à installer une caméra cachée, il risque gros.
Près d'un an après la découverte initiale, la fille a constaté que des images circulaient toujours sous un autre profil, qui utilisait sa photo et affirmait connaître son adresse. Confronté à ces faits par la police, l'accusé a admis qu'il s'agissait de fichiers qu'il avait publiés par le passé, tout en niant être l'auteur de ces nouveaux partages.
T'es un minable!
Remis en liberté durant les procédures judiciaires, l'homme a également reconnu avoir brisé ses conditions, qui lui interdisaient d'utiliser internet à des fins récréatives. Il a admis avoir navigué sur des plateformes comme YouTube et Spotify. Il s'est également reconnu coupable de la possession de la méthamphétamine saisie chez lui lors de la perquisition.
T'es un minable!, lui a lancé un homme présent dans l'assistance au moment où l'accusé quittait la salle d'audience, accompagné d'une agente de probation.
L'individu reviendra en cour en décembre pour les observations sur la peine. D'ici là, l'homme défendu par l'aide juridique devra se soumettre à l'évaluation du service de probation pour la confection d'un rapport présentenciel incluant un volet sexologique.


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