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MANUFACTURIERS. La rareté de main-d’œuvre est le principal défi auquel les petites et moyennes entreprises (PME) manufacturières doivent faire face, une réalité particulièrement vraie au Centre-du-Québec. Étant touchées par la guerre tarifaire et l’augmentation des prix, ces dernières pourraient être amenées à améliorer leur productivité pour être capables de continuer d’exporter à travers le monde.
C’est ce qu’explique Véronique Proulx, présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec, rencontrée par L’Express à l’occasion d’InnovUP!, le tout premier Sommet national du manufacturier intelligent dans la province, au centre national intégré du manufacturier intelligent, mercredi.
«C’est important de parler de productivité dans la région, parce que si on veut être capable de continuer à exporter nos produits aux États-Unis et ailleurs dans le monde, malgré les tarifs, les contre-tarifs, l’augmentation des prix et qu’on n’a pas tous les travailleurs qu’on a de besoin, il faut arriver à en faire plus avec moins», précise Mme Proulx.
Selon elle, l’augmentation de productivité passe par des investissements en automatisation, en robotisation ainsi qu’en intelligence artificielle.
Véronique Proulx croit que l’augmentation de productivité passe par des investissements en automatisation, en robotisation ainsi qu’en intelligence artificielle. (Photo : Tristan Ouimet)Véronique Proulx fait savoir que les entreprises manufacturières «n’investissent pas assez» dans ces trois éléments, en raison de leur taille. Elle énumère qu’au Québec, 98 % d’entre elles ont moins de 500 employés et 95 % en ont moins de 50.
«Donc, [à titre d’exemple], vous êtes le dirigeant d’une PME manufacturière de 45 employés, vous arrivez le matin et il vous manque un opérateur, met-elle d’abord en contexte. Le camion est en retard pour la livraison. Vous êtes responsable des ressources humaines, de l’exportation et de l’ensemble de l’organisation et l’on vous dit d’installer un robot pour augmenter votre productivité.»
«Vous allez me dire : ″Je commence par où, je n’ai pas le temps, je n’ai pas l’expertise, je fabrique des produits sur mesure et je ne vois pas comment un robot peut fonctionner’’, continue-t-elle. Donc, le fait d’avoir de très petites entreprises, ça nuit à notre capacité d’investir et d’augmenter notre productivité.»
Mme Proulx croit que le gouvernement du Québec doit prendre des mesures pour permettre d’avoir davantage de moyennes entreprises.
Elle ajoute que celui-ci doit mettre en place une stratégie industrielle, pour regarder les différents secteurs industriels dans le manufacturier, identifier les priorités et s’assurer que les entreprises ont les moyens nécessaires pour investir et assurer leur croissance.
Véronique Proulx indique qu’au Centre-du-Québec, 25 % du PIB est rattaché au secteur manufacturier.
Drummond en mode action
Selon le bilan manufacturier 2025 de Drummond économique, les entreprises manufacturières de Drummond ont orienté, l’an dernier, leurs investissements vers la modernisation de leurs installations actuelles, malgré une instabilité économique et des tarifs douaniers. On parlait au total de près de 169 M$.
On y voyait ainsi une volonté claire de modernisation des équipements, d’accélération du virage technologique et du maintien de la compétitivité malgré des pressions sur l’emploi.
Questionnée à ce sujet, Véronique Proulx estime qu’il est «très positif» que ces entreprises investissent, en soulignant qu’elles sont «résilientes».
«Elles sont capables d’aller au-delà de la crise parce que lorsque celle-ci sera terminée, il y aura des opportunités et elles vont être au rendez-vous, ajoute-t-elle. Donc, cela est excellent et c’est ce qu’on aimerait que toutes les entreprises puissent faire.»
Mme Proulx spécifie qu’actuellement, les intentions d’investissements sont «plus fortes» en Mauricie par rapport à l’échelle du Québec. Alors qu’il y a beaucoup d’imprévisibilité ces jours-ci, elle constate que plusieurs entreprises choisissent d’investir du côté américain.


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