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« Il a voulu faire le justicier » : pourquoi le tribunal n’a pas donné de crédit à ce policier des Yvelines

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Accusé d’avoir menacé un policier, représentant syndical, un automobiliste de Sartrouville (Yvelines) a été relaxé. Le tribunal n’a pas mâché ses mots.

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Tribunal Versailles

Il était accusé d’avoir menacé et frappé un policier, représentant syndical, à Sartrouville (Yvelines ; Le tribunal de Versailles l’a relaxé. ©François Desserre

Par François Desserre Publié le 30 sept. 2026 à 22h09

« C’est ça la justice ! La vraie bonne justice ! » A la sortie du tribunal de Versailles (Yvelines), l’émotion de la maman de Yassir est palpable. Car, contre toute attente, son fils de 23 ans a été relaxé. Relaxé des accusations portées contre lui par un ancien policier vivant à Sartrouville, représentant d’un syndicat.

Ce mercredi 30 septembre 2026, la juridiction a remis l’église au milieu du village. « Ce policier est sorti en premier. Il a armé son poing. Il vous a donné le premier coup. Et vous vous êtes défendu, une réaction immédiate face à un policier en civil qui a voulu faire le justicier au milieu du carrefour. » La juge n’a pas mâché ses mots.

Le policier n’avait pas mis son clignotant

Cette affaire remonte au 8 février 2026. Un dimanche banal. Le policier est en balade avec sa famille. Yassir est avec sa fiancée.

C’est à Sartrouville que leurs routes se sont croisées, avenue Berteaux. L’agent, qui est de repos, déboîte sans clignotant pour dépasser un vélo. La vidéo le montre. Yassir pile. Rapidement le ton monte.

Crachat ? Injures racistes ? Menaces ? « Je t’ai vu à la télé, sale raciste » ? Les images de surveillance n’ont pas le son. Difficile de séparer la vérité du mensonge.

« Une bagarre chromosomique »

En revanche, elles montrent bien les coups en pleine rue. Puis la bagarre sur le parking du restaurant rapide. « Bref, cela montre la bagarre chromosomique de deux hommes au volant », insiste l’avocat de la défense, Yann Le Bras.

Le policier est absent du procès qui permet de regarder dans le détail les vidéos. Il se dit traumatisé par les événements. En arrêt. Muté dans un autre département. Ayant plaqué toute responsabilité syndicale.

« J’ai cassé le rétro, c’est idiot »

Le mis en cause est bien présent, soucieux de défendre ses droits. Et de dire sa vérité, après 49 jours de détention provisoire.

« Je le reconnais. Je suis bien revenu après la première altercation pour mettre un coup de poing sur son rétro. Et je l’ai cassé. J’assume. Et je suis d’accord : c’est idiot. On s’est battu. Mais j’avais la rage de m’être fait cracher dessus. Mais c’est tout. »

Le « c’est tout » renvoie aux mots accusant de racisme ou encore à des menaces de retrouver le policier chez lui avec ces mots : « Je sais où tu habites. »

Le prévenu l’assure : « J’ai du respect pour les forces de l’ordre. Et cet homme, je ne savais pas qu’il était policier. Je venais d’emménager dans la ville. Je ne regarde jamais la télé. Juste TikTok et Insta. »

Tant qu’à jouer la carte de la franchise, il reconnaît avoir violé son contrôle judiciaire pour se rendre au mariage d’un cousin, en juin, à Paris. « Je n’ai rien à cacher. J’assume. Mais là, ce qu’on me reproche, je n’y suis pour rien. »

Pour la défense du policier, son avocate fait valoir une posture de protection « pour sa femme et sa fille présentes dans la voiture. Il a reçu le premier coup ! »

Le parquet : « pas prêt à mettre ma main à couper »

Un avis loin d’être partagé par le parquet après la longue séance de diffusion des images.

« Je ne vais pas mettre ma main à couper que le policier n’ait pas porté le premier coup… Mais l’autre a rapidement pris le dessus ensuite. Oui, tout est parti d’un micro-événement. Mais pour moi, Monsieur savait quelle était la qualité de la victime qui était passée à la télé quelques jours avant. »

La magistrate réclame une peine de 10 mois, dont 5 avec sursis. Le mis en cause pâlit lorsqu’elle demande aussi l’annulation du permis, essentiel pour sa reconversion professionnelle.

« Il est temps de serrer le frein à main »

L’avocat de Yassir entre dans la partie. « Dans ce dossier, il est temps de serrer le frein à main ! Ramenons les choses à ce qu’elles sont : une bagarre entre automobilistes. Et un policier qui se dit victime mais qui ne pense même pas à relever la plaque, à appeler ses collègues ou le 17. Allons… »

Une poignée de secondes plus tard, la conviction du tribunal est acquise. Car les images ont parlé. Elles ont aussi montré l’absence de clignotant de la part du policier. Et même un demi-tour en pleine rue pour aller en découdre.

C’est donc la voie de la relaxe que la justice choisit. Et une simple amende de 500 euros pour le rétroviseur cassé.

Yassir tremble d’émotion et glisse un simple : « Merci Madame la juge. »

Pour l’heure, on ignore si le parquet compte faire appel de la décision.

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