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L’esplanade de l’Hôtel de Ville de Yaoundé a pris des airs de gare routière pour le dernier jour de l’identification des taxis. Des dizaines de véhicules, des chauffeurs debout ou assis sur les marches, et une table rectangulaire derrière laquelle cinq agents de la Communauté urbaine ont vu les dossiers s’empiler.
Des dossiers lourds, des chauffeurs inquiets
Les pièces à fournir sont connues. Pour le propriétaire : CNI, certificat d’immatriculation, licence de transport, carte de transport public, visite technique, assurance et impôt général synthétique (IGS). Pour le chauffeur : CNI, permis B, carte de résidence pour les étrangers et badge professionnel d’identification.
Reste que ça coince.
Kevin A. a les mains croisées dans le dos : « On nous demande le badge professionnel d’identification, on fait comment ? » Passy Bissiongol, taximan, est arrivé à 5h du matin. Il craint de perdre « même 10 000 F » de recettes.
L’IGS pose problème à certains. Ives Djomo, secrétaire général du Syndicat national des travailleurs du Cameroun (Syntracam), dénonce un manque d’explications : « C’est un processus trimestriel. On vous impose de passer un trimestre qui est déjà passé. » Le fonctionnement de la plateforme d’identification est aussi critiqué.
Un bilan, puis les contrôles
Plus de 20 000 taxis ont été enregistrés sur un objectif de 25 000. La CUY juge le bilan satisfaisant. Le Dr Jean Patrick Mfoulou Olugu, chef de la cellule des transports et de la mobilité, explique que les embouteillages viennent surtout des taxis qui s’arrêtent à tout bout de chemin pour prendre des clients.
On voit où ça mène. Les taxis non enregistrés seront immobilisés et conduits en fourrière. Leurs propriétaires paieront amendes et frais de séjour. Au bout de trois mois, les véhicules non retirés pourront être vendus aux enchères.
Difficile de ne pas y voir un virage répressif après une opération qui a laissé beaucoup de chauffeurs perplexes. Rien ne dit, à ce stade, combien de taxis restent hors du système.
Le compteur tourne déjà. Et comme on dit dans les rangs : « Awara agira ! »
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Laurent Diby
Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: [email protected]


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