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Cet épisode exceptionnel s’explique par la présence d’un « dôme de chaleur », une zone de haute pression qui bloque l’air chaud en provenance d’Afrique du Nord.
Passer la publicité Passer la publicitéAvec des valeurs de 10 à 15 °C au-dessus des normales de saison, la vague de chaleur qui frappe la France depuis la semaine dernière surprend par sa précocité. Dès dimanche, alors qu’une centaine de records mensuels de température ont été battus dans toute la France, le Finistère était placé en vigilance jaune canicule. Ça n’était jamais arrivé en mai depuis la création du dispositif en 2004, selon Météo-France, qui a étendu lundi la vigilance à 18 départements concentrés sur l’ouest de la France et la capitale, puis placé 8 départements en vigilance orange canicule pour la journée de mardi (Finistère, Morbihan, Manche, Ille-et-Vilaine, Maine-et-Loire, Mayenne, Vendée, Loire-Atlantique).
On parle de vague de chaleur quand pendant trois jours, l’indicateur thermique national (la température moyenne mesurée à l’échelle du pays) est d’au moins 23,4 °C, avec un jour à 25,3 °C ou plus. Nous y sommes. « Il s’agit même de la vague de chaleur la plus précoce jamais observée depuis plus d’un siècle », note Cyril Wuest, météorologue à la Chaîne Météo*. Il rappelle que cet épisode est provoqué par de l’air chaud venu du Sahara qui remonte de la Méditerranée pour venir se placer sur l’Europe, où il se retrouve piégé sous les hautes pressions d’un système anticyclonique bloqué juste au-dessus du Benelux et de la mer du Nord. « Ce dernier pousse ces fortes chaleurs vers le sol et les maintient pendant un certain temps, créant ce qu’on appelle un “dôme” au-dessus de l’Europe : sans vent ni nuage, la chaleur s’auto-alimente et s’accentue pendant des jours. »
Dans une France à + 4 °C, dix fois plus de jours de chaleur
Ces vagues de chaleur à répétition - et leur intensification - sont un signe sans équivoque du réchauffement de la planète. Pour ce qui est de l’Europe, cette tendance au « blocage » des systèmes météorologiques (comme ici l’anticyclone qui crée ce « dôme de chaleur ») « s’explique surtout par une réduction de l’écart de températures entre les différentes latitudes, selon Cyril Wuest. Avec le changement climatique en effet, le pôle se réchauffe bien plus vite que le reste du globe, si bien que le différentiel de températures entre le pôle et les tropiques diminue. Cela entraîne un ralentissement des courants jets (ces vents d’altitudes soufflant d’ouest en est) qui vont avoir tendance à onduler. Résultat, anticyclones et dépressions vont rester dans les mêmes régions pendant des jours, voire des semaines. » Une perte de dynamisme que l’on n’observait pas avant, assure-t-il. Au-delà de ce constat, la toile de fond du réchauffement global intensifie ces épisodes de chaleur. « Dès qu’on prévoit des températures exceptionnellement élevées, on arrive plus facilement à des records », souligne le météorologue.
La France - via son plan national d’adaptation - se prépare désormais à un réchauffement de + 4 °C sur le territoire métropolitain d’ici la fin du siècle. Dans ce scénario, Météo-France prévient que les jours de vagues de chaleur pourront être dix fois plus nombreux que dans les années 1990. Ces périodes de chaleurs persistantes pourront « apparaître dès la mi-mai et s’étendre jusqu’à fin septembre ». Quant au « dôme de chaleur » actuel, il devrait se maintenir au moins jusqu’au week-end prochain.
*La Chaîne Météo est une société du groupe Figaro.


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