Il est toujours risqué de vouloir porter à l’écran un roman de 600 pages considéré comme une réussite littéraire: à force de dégraisser le texte pour ne conserver que l’action et l’ambiance, on peut égarer tout ce qui faisait sa saveur et se mettre les lecteurs et lectrices à dos. Mais pour qui n’a pas lu le pavé de Laurent Mauvignier, déjà intitulé Histoires de la nuit, il s’agit plutôt d’apprécier le résultat en lui-même.
Et ce qui en subsiste s’inscrit parfaitement dans un sous-genre du thriller baptisé par les Américains home invasion («violation de domicile»), popularisé par des films comme La Maison des otages ou Les Chiens de paille avant d’être revisité par Michael Haneke dans Funny Games. A cette aune, le troisième opus de Léa Mysius ne se défend pas trop mal. Mais cela suffit-il vraiment pour se voir hissé en compétition à Cannes?


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